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Chroniques

Les militaires ont la cote, les journalistes la décote

Crédit photo : evilsoapbox CC

Est-ce que les journalistes contribuent beaucoup au bien-être de la société? Moins d’Américains et encore moins d’Américaines affirment une telle chose en 2013, par rapport à 2009. La profession est celle qui a le plus perdu du gallon, selon le Pew Reasearch Center, qui conclut que les militaires détiennent le haut du pavé dans l’estime du public.

 À première vue, la décote des journalistes d’une seule position par rapport au classement de 2009 (de la 7e à la 8e place) apparaît anodine. Mais malgré cette stabilité dans la perception relative du public, la profession de journaliste est celle qui a enregistré, en quatre ans, la plus grande perte absolue, soit 10 %. Seulement 28 % des Américains estiment que les journalistes contribuent beaucoup, alors que 38 % l’affirmaient en 2009.

 Entre artistes et gens d’affaires

 Derrière le clergé et les artistes, devant les dirigeants d’entreprise et les avocats, les journalistes se positionnent au 8e rang du palmarès du Pew Research Religion and Public Life Project. Ce classement fournit un portrait de la contribution sociale perçue par le public des représentants de 10 professions : militaires, enseignants, médecins, scientifiques, ingénieurs, clergé, artistes, journalistes, dirigeants d’entreprise, avocats (dans l’ordre du classement de 2013).

 Plus du quart (27 %) des répondants affirment que les journalistes ne contribuent pas beaucoup ou pas du tout au bien-être collectif. Parmi les personnes interrogées, 42 % croient qu’ils contribuent dans une certaine mesure.

 

Pourcentage d’Américains affirmant, pour chaque groupe, qu’il contribue « beaucoup » au bien-être de la société (2013; 2009)1

 
1.Militaires(78; 84) -6%
2.Enseignants(72; 77) -5%
3.Médecins (66; 69) -3%
4.Scientifiques (65; 70)                          -5% 
5.Ingénieurs (63; 64)                             -1%
6.Clergé (37; 40)                                    -3% 
7.Artistes (30; 31)                                -1% 
8.Journalistes (28; 38)                   -10%
9.Dirigeants d’entreprise (24; 21)       +3% 
10.Avocats (18; 23)                                   -5% 


Les femmes se rebiffent

La chute la plus importante (17 points de pourcentage) dans l’estime du public, pour cette profession, s’observe chez les femmes. Elles étaient 46 % à donner une grande importance à leur contribution sociale en 2009; elles ne sont plus que 29% à accorder cette marque de respect aux journalistes en 2013.

Fait à noter, la perte d’estime envers les journalistes traverse les frontières des allégeances politiques, du niveau d’éducation et de l’âge. Les répondants âgés de plus de 50 ans sont plus nombreux à avoir revu leur appréciation à la baisse (-13 % contre -7% pour les 18 à 49 ans).

Ces conclusions, rendues publiques par le réputé centre de recherche le 11 juillet, sont le résultat d’un sondage probabiliste réalisé en mars et avril auprès de 4006 répondants.

Un autre sondage rendu public le 8 août par le même centre de recherche apporte toutefois une lueur d’espoir. Plus du deux tiers des Américains croient que les médias assurent un rôle de chien de garde envers les dirigeants politiques, en les empêchant de faire des faux pas.

Baromètre québécois

Dans le même ordre d’idée, au Québec, le Baromètre des médias 2012 indiquait une érosion de la crédibilité et de la confiance des Québécois envers leurs médias d’information depuis 2009.

En 2012, le pourcentage des répondants affirmant que « les choses se sont passées vraiment » comme les médias le i oscille entre 10% et 20% pour la télévision et les journaux. La proportion plonge sous les 10% pour la radio et internet.

Fait inquiétant, le Baromètre montre une méfiance qui s’accentue depuis 2009 chez le public envers les journalistes. Les gens sont moins nombreux à croire en leur indépendance par rapport au pouvoir politique et à l’argent.

Ces résultats découlent d’un sondage non probabiliste commandé par le Centre de recherche en éthique du journalisme et réalisé par CROP auprès de 1 000 répondants, du 17 au 22 octobre 2012, par le biais d’un panel web.  

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1 PUBLIC ESTEEM FOR MILITARY STILL HIGH, CLERGY IN THE MIDDLE, LAWYERS AT THE BOTTOM, Pew Research Center’s Forum on Religion, and Public Life, Washington, DC, 2013, en ligne

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