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Chroniques

« Ta yeule! Ce serait vraiment très gentil. »

Ils se font pousser, insulter, cracher dessus, pisser dessus, certains ont été battus, roués de coups, menacés de représailles. Et lundi on les empêchait de faire leur travail, on obstruait l’objectif de leur caméra, on polluait l’ambiance auditive d’invectives répétées pour rendre leurs enregistrements inutilisables. Puis on leur demandait, aux journalistes, de quitter les lieux. De se taire, finalement. Le plus étonnant? On leur a demandé poliment.

C’était la première comparution, lundi, des quatre auteurs présumés des incidents qui ont paralysé le métro la semaine dernière. Évidemment, les médias étaient nombreux, et les manifestants, venus supporter leurs camarades, aussi. Jusque-là, tout va bien.

Mais la chose s’est corsée, s’est colorée, et même putréfiée, lorsque les médias ont compris que les manifestants sur place l’étaient entre autres pour dénoncer leur travail. « Médias délateurs », « complices de la police », pouvait-on entendre et lire sur les réseaux sociaux et sur leurs pancartes – et on entend aisément en trame de fond toute la litanie des doléances habituelles, pour peu qu’on ait l’oreille imaginative.

Rien de tout ça n’est nouveau, en apparence. Mais on reste avec la désagréable impression que derrière ces dénonciations se cache un phénomène tout de même original, et qui prend de l’ampleur, sans pourtant être capable de le nommer et de le mettre en boîte pour l’analyser.

Une partie de la réponse est peut-être apparue sur Twitter, où Anabelle Nicoud rapportait qu’un manifestant avait décrit le phénomène en ces termes – des termes aussi laconiques que lourds de sens : « le lien de confiance entre la jeunesse et les médias est brisé ».

Juste ça.

On pourrait bien sûr écrire quelques bonnes thèses de doctorat sur le sujet – les façons d’aborder le sujet étant aussi nombreuses que fertiles, mais on se contentera ici de trois angles pour tenter ne serait-ce que le début d’une explication.

Angle premier : la radicalisation des discours

Le lien de confiance serait brisé, donc. Prenons l’assertion comme une hypothèse de travail.

L’est-il irrémédiablement? Est-ce le fruit d’une lente, mais certaine séparation qui se jouait depuis longtemps? Félix Séguin, journaliste affecté à la couverture judiciaire pour TVA, semble croire que les heurts entre « les jeunes » et les médias ne sont pas nécessairement représentatifs d’une tendance lourde. Ce serait plutôt circonstanciel, et principalement dû à un facteur inquiétant : la radicalisation des opinions émises dans les médias. Alors que les journalistes devraient, selon lui, chercher à se placer au centre, d’où ils pourraient mener un travail critique envers les deux camps, Séguin estime qu’ils s’ancrent au contraire dans des postures radicalement polarisées. Ce qui n’est pas sans conséquence sur le débat social, celui qui se passe dans la rue, dans les foyers, dans les cafés. 

Alors les médias auraient leur part de responsabilité dans l’exacerbation des tensions? « Oui. Je pense qu’on devra certainement faire un examen de conscience quand tout ça sera fini, si ça finit un jour! […] On semble avoir notre rôle à jouer dans la polarisation des débats. Il faudra s’interroger sur la manière dont on peut couvrir un conflit qui a une telle portée sociale. »

Une partie de l’explication à cette radicalisation réside peut-être dans le fait que nous soyons entrés, depuis plusieurs années, dans ce que certains ont appelé un « âge de l’opinion ». Dominique Payette y faisait d’ailleurs référence, dans son rapport sur l’état de l’information, déposé il y a un peu plus d’un an. Comment expliquer une telle montée? En gros : parce que l’opinion, ça ne coûte pas cher à produire, ça se consomme vite et ça offre des balises dans le flux incessant des informations qui nous déferlent dessus. Même Stéphane Gendron, dans une entrevue accordée récemment au Magazine du CPQ, l’avouait candidement : il considère ses chroniques et autres coups de gueule comme le fast-food de l’opinion. Les coups de gueule se digèrent plus vite que les raisonnements tortueux s’aventurant dans les dédalles d’une pensée nuancée.

« Partout, c’est le même message. N’est digne d’intérêt que ce qui est extrême. N’est désirable que ce qui est extrême. N’existe que ce qui est extrême… », écrit Jean-Jacques Pelletier dans l’introduction de son plus récent livre, Les Taupes frénétiques.

Le monde l’information n’y échappe visiblement pas. Enfants-rois et fascistes s’affrontant à qui mieux mieux au petit jeu de qui accumule le plus de points Godwin. Des points de vue parfaitement défendables sont diabolisés, « antagonisés » au point où toute tentative de discussion constructive est tuée dans l’œuf, et remplacée par l’expression de mépris d’une rare virulence.

Reste à voir, maintenant, si les stigmates laissés par cette radicalisation s’estomperont ou s’ils marqueront le début d’un clivage, voire d’un fossé, entre les médias traditionnels et la jeunesse.

Angle second : la gaffe

À moins que le divorce ne soit encore plus circonstanciel que ce que laisse croire l’interprétation de Félix Séguin. Après tout, l’intimidation dont sont aujourd’hui victimes les journalistes a pris de l’ampleur à partir du moment où la plupart des grands médias ont décidé de publier les photos de ceux que le SPVM suspectait d’avoir participé aux incidents survenus dans le métro de Montréal.

C’est du moins ce qui semble avoir mis le feu aux poudres. Et ce mélange déjà explosif a pris des allures autrement plus incendiaires lorsque certains médias ont choisi d’identifier, avant même que des arrestations aient eu lieu, les quatre suspects. Que ces médias se soient trompés dans deux des quatre cas – des erreurs sur la personne – n’a sûrement pas aidé à calmer le jeu…

Puis, la publication des adresses de ceux chez qui des perquisitions avaient eu lieu.

Pour une bonne proportion d’étudiants impliqués dans le conflit, il s’agissait de trois erreurs fatidiques.

Certains médias à qui le Magazine a parlé pensaient la même chose. D’autres, dont La Presse, ont admis que l’identification hâtive avait mené à une erreur, mais estimaient que la publication des autres informations était tout à fait justifiée par l’intérêt public. 

Mais qu’importe. La question est de savoir si cet événement à lui seul peut expliquer le bris du « lien de confiance entre la jeunesse et les médias ». C’est peut-être mince, comme explication, et certainement insuffisant, mais il ne faudrait pas non plus sous-estimer l’importance qu’il a pu occuper dans l’esprit de plusieurs. L’augmentation des incidents depuis lundi dernier tend à aussi à accréditer cette thèse.

Angle troisième: l’alternatif

Pour d’autres, le lien de confiance avait commencé à s’éroder depuis longtemps, notamment sous l’effet corrosif (et subversif) des médias sociaux.

Simon Jodoin, par exemple, blogueur et chroniqueur chez Voir, estime pour sa part qu’on se trouve aujourd’hui, en matière d’information, devant une fracture générationnelle découlant de ce qu’il nomme le « cyber-boom » : « L’idée est assez simple : si les baby-boomers étaient – et sont toujours – plus nombreux, assez pour peser plus lourd dans la balance de l’opinion publique, les jeunes d’aujourd’hui occupent quant à eux une plus grande place au sein du cyberespace, ils possèdent et maîtrisent les outils de communication et commencent à occuper des postes stratégiques dans des entreprises médiatiques ou développent des médias alternatifs qui ont une influence certaine », écrivait-il récemment dans une chronique dans laquelle il se penchait sur l’utilisation des réseaux sociaux dans le contexte des mouvements de contestation estudiantins.

Reprenant à son compte un constat émis par Jean-Jacques Stréliski (ici même, dans le Magazine du CPQ), il admet volontiers que les étudiants ont dominé le débat en raison de leur usage bien plus habile et extensif des médias sociaux.

Doit-on vraiment s’en étonner, puisque ce sont les jeunes qui, de loin, les utilisent le plus? Plusieurs études récentes tendent d’ailleurs à le démontrer (on peut en consulter ici, ici et ici, notamment).

Jodoin n’est donc pas le seul à le constater : on ne compte plus le nombre d’auteurs et autres spécialistes décrivant chacun à leur manière la fracture numérique en des termes générationnels.

Autrement dit, il semble de plus en plus que pour toute une frange de la population, on est désormais passé à autre chose

« Si vous n’aimez pas ce que vous entendez, changez la conversation », disait Don Draper, dans la télésérie Mad Men. Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas changé la conversation – mais ils en ont changé les règles, en investissant massivement les réseaux sociaux, leur terrain de jeu.

Les philosophes diraient peut-être : les jeunes ont adopté un éthos radicalement différent, qui révélerait une nouvelle manière d’être-au-monde. L’information, aujourd’hui, ils la partagent, y réagissent en direct, l’échangent, collaborent à la produire et en deviennent, en définitive, les producteurs.

Au point où l’on se demande parfois s’ils croient encore avoir besoin des médias pour participer à la vie publique.

Et c’est peut-être pourquoi ce manifestant (voir la fin de la vidéo), mégaphone en main, demandait tout poliment aux journalistes couvrant la première comparution des suspects, lundi, de quitter les lieux, sans se douter de l’énormité de sa demande. Une contradiction dans les termes, qui revenait, au fond, à demander à des journalistes de ne plus être journalistes. Une censure en plein midi. Pas si grave, l’information sortira quand même, devait-il se dire.

Il demandait, en somme, aux journalistes de se la fermer.

Avant d’ajouter, candidement : « Ce serait très gentil. » 

Commentaires (10)

  1. Bravo pour votre article. Non pas que j’y souscrive entièrement surtout lorsque vous écrivez « Pour d’autres, le lien de confiance avait commencé à s’éroder depuis longtemps, notamment sous l’effet corrosif (et subversif) des médias sociaux. », mais il est bien écrit et situe bien le problème.

    Si vous me le permettez, je vous soulignerai deux de ses faiblesses.

    La première, celle de limiter ce bris du lien de confiance avec les médias aux jeunes. J’ai 65 ans et, pour moi aussi, le lien de confiance est brisé. Encore récemment, l’actualité nous en a fourni un bel exemple. Le président de la FPJQ, monsieur Bryan Miles, dénonce l’attitude des étudiants depuis ce fameux lundi au Palais de Justice. Je n’ai pas encore lu ce monsieur dénoncer le fait que Jacques Nadeau ait été projeté au sol par un policier à cheval et aucun mot non plus sur les arrestations de journalistes qui ont eu lieu hier, je crois. Ce n’est pas pour rétablir le lien de confiance.

    La deuxième, le fait que vous ne mentionnez pas l’asservissement de plusieurs journalistes et chroniqueurs qui se croient journalistes à la pensée dominante quand ce n’est pas au propriétaire du média. La meilleure formule que j’ai trouvée pour exprimer le plus succinctement possible cette idée est la suivante : Quand les journalistes arrêteront de nous dire qu’il pleut quand les gouvernements nous pissent dessus, ils seront mieux reçus et plus respectés.

    Michel Laurence

    • Les points que vous soulevez me semble tout à fait pertinent.

      Mais j’attirerais à votre attention deux choses:

      1) il s’agissait de tester une hypothèse de travail (« le lien entre la jeunesse et les médias est brisé »). Ça ne signifie pas qu’il ne puisse pas être brisé, avec d’autres groupes, pour d’autres raisons. Dire que les fraises sont rouges ne revient pas à nier que certaines pommes peuvent également l’être.

      2) votre affirmation, concernant l’asservissement des journalistes, est hautement polémiques, et ce n’est pas ce que je souhaitais faire ici. D’ailleurs, je ne crois pas que ce soit une affirmation qu’on puisse généraliser, tant s’en faut. Et de toute manière, comme je l’ai indiqué au début, je n’avais aucune prétention à l’exhaustivité. Trois petits angles pour aborder une question qui mériterait quelques bonnes thèses de doctorat.

      Cela étant dit, merci pour votre commentaire, il donne à réfléchir.

  2. La seule raison pourquoi les jeunes utilisent les médias sociaux pour partager l’information c’est parceque vous les médias de masse avez presque totalement perdu tout integrité journalistique.. Certains ne l’ont pas perdu, certain se battent contre leur employeur mais a date j’ai vu aucun journaliste dans la presse parler contre Paul Desmarais, ou dans le journal de montreal contre Peladeau et pourtant ces 2 la sont extrement impliqué dans plusieurs hypothese tres plausible de corruption et de controle de medias vers la droite…. Ce controle n’est pas un controle direct mais bien qu’ils embauchent des journalistes de droites qui ont beaucoup d’opinion et qui ne font pas de recherche poussé sur l’impact de ce qu’ils écrivent, surtout si c’est sur la converture d’une crise aussi importante comme celle-ci.. Je trouve que vous etes vraiment gentil avec vos compatriotes, meme si vous les dénoncer une petit peu et c’est ca, un manque d’integrité journalistique.. parceque vous voulez respecté vos collegues… aucun journaliste ose dénoncer haut et fort le manque constant et globale d’integrité journalistique de 80/100 des journalistes dans les médias de masse (tv ou journal).. Il faut comprendre que Power Corp et Quebecor sont tres tres influants sur le peuple québecois et qu’il sont TOTALEMENT de droite puisque la gauche offrent au peuple le pouvoir ce qui va totalement a l’encontre de ces riches qui utilisent le PLQ comme outil a leur avancement dans le controle GLOBALE du quebec…

    Merci d’avoir publier l’article mais POURQUOI attendre avant l’examen de conscience??? Ca fait combien de temps vous attendez??

  3. je pourrais écrire 10 p . sur le sujet. Je me contenterai de vous dire que le lien de confiance n’est pas brisée seulement avec les jeunes mais avec beaucoup de lecteurs, d’auditeurs etc… Moi, le premier qui suis à la retraite de l’enseignement. Je lis et écoute tout , mais avec un oeil et une oreille suspicieuse. L’objectivité n’existe plus. Le moindre petit reporter se permet de donner son opinion au lieu de se limiter à décrire les faits. La convergence des journaux ( La presse et québecor ) fait en sorte qu’on lit l’opinion des journalistes avec doute.On connait à l’avance de quel coté ils vont aller. Seul le Devoir est un journal indépendant. Que dire des prises deposition de Pierre Bruneau, Larocque, Durivage qui devraient se limiter à choisir les nouvelles sans les commenter et de Durivage qui joue à l’animateur du club des ex en donnant toujours son point de vue. Bref apercu de ce que je pense. Donc, je deviens un adepte de tweeter…y en a pour tous les goûts, de Facebook et des blogues que je choisis pour ne pas être toujours enragé à cause de la subjectivité des journalistes. Et plusieurs jeunes sont d’une incompétence inouie..

  4. Je ne suis plus ‘jeune’ – j’ai 35 ans. Je vous donne quand même mes impressions de cet évènement de « publication hâtive » puisque je passe tout de même une bonne portion de ma vie à m’informer sur Tweeter et Facebook (je ne possède pas de télévision). Quand j’ai vu sur le site de Canoë (grâce à un tweet) un article révélant le nom de la rue des « suspects » et le numéro de la rue dans la photo de la porte par où les policier entraient, je n’étais pas surprise. Pour moi, Québécor = sensationnalisme. J’ai tout de même « tweeté » Canoë pour leur dire que j’étais choquée. N’avez vous pas d’éthique journalistique? On donnait carrément l’adresse de suspects qui, à ce que je sache, demeurent innocents jusqu’à preuve du contraire, sans compter que dans un tel climat, surtout alors qu’un de nos propres journalistes crie au scandale quand une journaliste de la Presse révèle *son* adresse (« une rue à Outremont »), c’était carrément mettre la vie de ces suspects en péril. Quelle a été ma surprise de recevoir, en moins de 5 minutes, ce tweet de Canoë: « nous avons modifié l’image, merci de nous l’avoir signalée ». Wow. Mais quelle a été ma plus grande surprise de voir la même image avec le même texte (nom de rue, noms des suspects) dans *mon* journal quotidien quelques instants plus tard: La Presse. Si je me souviens bien, le texte provenait de l’Associated Press – il était identique à celui de Canoë. De la part de La Presse, par contre, je n’ai jamais eu de réponse. À cause de cela, je n’achète plus ce journal. Imaginez vous, cliente depuis 10 ans. Une photo m’a suffit pour confirmer une thèse que je refusais de croire et qui circule allégrement dans les médias sociaux : la famille Desmarais contrôle l’information.

    Je peux tout de même faire la part des choses : il y a d’excellents journalistes à La Presse, comme il y en a au Journal de Montréal. Mais maintenant, je « consommerai » mes médias avec modération – c’est à dire que je ne fais plus confiance en aucun média en particulier. À lire votre texte par contre, je suis prête à concéder qu’il s’agissait d’une erreur. Une monumentale erreur. Ça peut quand même se pardonner. Je continuerai peut-être d’acheter La Presse.

    Pour ce qui est des jeunes qui empêchent les journalistes de faire leur travail, je veux leur dire (et l’ai tweeté suite à la demande du FPJQ de condamner la violence envers les journalistes): gardez l’esprit ouvert. C’est grâce aux médias (en particulier La Presse et Radio-Canada) que nous avons su ce qui tramait dans le domaine de la construction. Si La Presse était vendue à Charest, pourquoi publierait-on du journalisme d’enquête liant carrément la mafia au PLQ?

    Maintenant, aux médias: la liberté de la presse vient avec une responsabilité : s’assurer de ne pas mettre en danger les citoyens. On le sait, tout le monde est fâché avec les incidents du métro, mais ces publications d’adresses et noms ont vraiment senti la vengeance, si ce n’est quelque chose de plus stratégique. Nous somme bel et bien dans l’ère de l’information, ou de la désinformation, c’est selon. Vous voulez gardez votre lectorat? Assurez vous d’être plus rigoureux que jamais. Tweeter vous guette.

  5. J’approche irrémédiablement la soixantaine et j’ai fait partie, jusqu’en 1998, et cela pendant 20 ans, du métier. Je me permet de partager avec vous un des statuts que j’ai publié hier sur ma page Facebook (https://www.facebook.com/jbourbonnais/posts/10150846149609107) :

    Je suis d’accord avec Brian Myles concernant les actes d’intimidation envers les journalistes, gestes qu’il faut dénoncer. Mais peut-être faudrait-il aussi qu’il avise certains de ses membres d’arrêter d’agir en matamores.

    C’est bien beau le troisième pouvoir, mais il n’est pas absolu non plus. Le respect de ne pas vouloir être filmé ou interviewé, me semble qu’il y a déjà eu un jugement à ce sujet, non?

    À suivre très intensément la couverture journalistique sur le mouvement étudiant, j’ai constaté à maintes reprises que de nombreux journalistes se font très envahissants, arrogants, très peu subtils, voire même perturbateurs. Je ne trouve pas cela très, très chic non plus. Après, on se surprend que des têtes brulées en profitent pour se défouler.

    Et là, je ne parle même pas des scribes qui enflamment quotidiennement les esprits de leur plume déjantée, à qui on donne énormément de place, pour eux même jeter du fiel sur un mouvement légitime qui a, comme la liberté de presse, le droit indélébile de citer. Ces jeunes, notre avenir, nos futurs gouvernants, et leurs supporters, n’ont plus que la rue, eux, pour s’exprimer, et on continue à nier leurs revendications parce que cela vient heurter notre petit confort personnel.

    Allez monsieur Myles, un peu de discernement et émettez aussi des communiqués pour ramener vos troupes à un peu plus de jugement, de discernement et savoir-faire!

    ***************************

    Un peu plus tard, en soirée, je concluais avec ceci ce sujet (https://www.facebook.com/jbourbonnais/posts/10150846340754107) :

    Il faudrait éviter d’amalgamer le droit à l’information avec le droit au spectacle. #MaPenséeDuJour à la #FPJQ

    ******************************

    Pour ce qui est de votre texte, vous comprendrez que j’opte « radicalement » avec votre angle premier. Ce n’est vraiment pas une question de jeunesse, mais d’écoeurantite aigüe du quidam auquel il ne reste plus que la rue pour s’exprimer, parce que les médias traditionnels ne leur prête attention que lorsqu’ils ne font que des coups d’éclat. C’est plus vendeur.

    P.S. Il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, ce ne sont pas des jeunes qui manifestaient leur désapprobation du genre de couverture de presse qu’ils subissaient. Si ma mémoire est bonne, c’était des syndiqués… de la FTQ! Et j’ai bien peur que le phénomène va aller croissant si le métier ne se discipline pas… ou n’oriente pas différemment ses façons de faire et de rapporter la nouvelle. Mais encore là, je tombe moi-même dans les généralités puisque je continue de suivre plusieurs journalistes qui pratiquent leur métier de manière irréprochable (professionellement parlant, s’entend!). Mais ils font actuellement figure d’exception dans cette ère d’information spectacle et de nouvelles en continue.

  6. Je croyais que cet article serait critique. Il émet à peine quelques commentaires prudents, noyés dans une rhétorique d’atténuation.

    Publier de fausses informations sur des identités et adresses de suspects, c’était contrevenir à la présomption d’innocence qui a cours dans notre système de justice. C’était grave. Et vous faites comme si ça ne l’était pas ! Avec la plume venimeuse des chroniqueurs de grands médias qui alimentent la haine de la population envers le groupe des étudiants et étudiantes, les suspects, pas encore accusé-e-s ni reconnu-e-s coupables, auraient pu être victimes d’intimidation, de menaces, voire de voies de faits. Où donc est le respect de la présomption d’innocence ? le droit à la vie privée ? À cet effet, j’ai fait une plainte au Journal Le Soleil après qu’ils aient publié une photo de notre assemblée générale (ACELUL) alors que l’on avait demandé un huis clos photographique qui avait été adopté par l’assemblée. Comme on pouvait s’y attendre, ma plainte n’a pas été jugée recevable ! Un journal qui aurait le minimum de sens de l’éthique aurait respecté ce huis clos et, si le photographe lui-même ne l’avait pas respecté, le journal aurait retiré sa photo à la première plainte.

    Comment dire non à ces vautours de la désinformation ? ces marionnettistes de l’opinion ? qui disent une fois : « Charest a la majorité des appuis au sein de la population », et qui disent ensuite « une faible majorité de la population appuie le gel… » où le mot « faible » change tout pour la même statistique !

    Alors oui, il faut les forcer à se remettre en question : les boycotter, les empêcher de nous filmer, les empêcher de faire leurs entrevues de désinformation.

    Combien de fois aie-je vécu des manifestations et été complètement déstabilisée en voyant la couverture médiatique complètement différente de ma perception des choses… à croire que j’étais schizophrène ! La pire, je pense, c’était Victo ! Les journalistes ont tous montré les mêmes images, peu importe le média, toujours celle de la police, en titrant « les policiers malmenés » sans parler des plus grands blessés : les manifestants et manifestantes ! Comment ne pas reconnaître la manipulation de l’information, alors qu’elle est comme le nez au milieu du visage !

    Franchement, je trouve cet article lâche. Lâche, et coupable de complicité envers la désinformation des médias, leur incitation à la haine par la construction d’une image diabolique des étudiants et étudiantes, leur point de vue orienté vers le sensationnalisme, la peur et la violence. Je vous mets en lien à ce sujet mon article sur la construction de l’image des étudiants dans les médias : http://mamzell.blogspot.ca/2012/02/greve-etudiante-la-construction-de.html Je vous mets également mon autre lien sur la rhétorique de l’oppression, où j’explique pas à pas la stratégie de propagande du gouvernement pour justifier la répression (et j’ai été très clairvoyante là-dessus… moi qui imaginais pourtant le pire) : http://mamzell.blogspot.ca/2012/04/gouvernanteset-gouvernants-actuels-la.html. Enfin, je vous mets le lien vers mes conversations avec le Journal Le Soleil : http://mamzell.blogspot.ca/2012/05/plainte-au-journal-le-soleil-et-la.html et une autre à propos d’un article sexiste : http://mamzell.blogspot.ca/2012/05/plainte-quebecor-pour-un-article.html

    Enfin, tout se passe comme si nous étions les seuls à avoir des journalistes dans le monde entier. Pourtant, les meilleurs articles sur le mouvement étudiant proviennent de l’extérieur. Le Parisien, entre autres, qui a fait une couverture neutre du mouvement étudiant. S’il suffit de changer de pays pour sentir le « clash » entre nos médias de la droite et les médias internationaux, c’est qu’il y a un problème.

    CE PROBLÈME : C’EST LE MONOPOLE DES MÉDIAS QUÉBÉCOIS PAR POWER CORPORATION ET QUEBECOR. Je vous mets le lien vers le « Rapport final sur les médias d’information canadiens », Annexe 1.B, juin 2006 où plusieurs intervenants et intervenantes se montrent très inquiets de la forte concentration des médias entre les mains de 2 compagnies.

  7. J’ai 70 ans, j’ai été un émetteur de communiqués de presse dans les syndicats et ensuite dans un grand groupe social. La vision des journalistes est viciée par la croyance qu’ils sont des professionnels. Dans les années 60…Combien de fois lors des grèves, les vitrines de la radio CJMS de Montréal étaient brisées par des grévistes enragés de ce qui se disait à la radio. Tu venais de faire une entrevue de fond de 20 minutes et ils te citaient tout croche pour une mise en onde de 45 secondes. Certains se souviendront des incendiaires à la Frenchie Jarraud, ou plus tard Gilles Proulx. Dans les années 70, nous avions bien cerné la situation qui n’a fait qu’empirer depuis ces années. Ce que certains nomment des journalistes sont simplement des travailleurs de l’information. Les plus paresseux ou les plus pressurisés par les employeurs copie des communiqués de presse sans même téléphoner à l’émetteur pour vérifier les commentaires. Ils écrivent un texte qui répond à la question Qui Où Quand. Ensuite ils commentent dans le sens de la ligne éditoriale du propriétaire du média, s’ils veulent y rester ou avoir des promotions. Des grands journalistes d’enquête ont été tablettés au journal la Presse. On les a ressortis que pour contrer Quebecor dans la lutte au lectorat. Alors, un journaliste pond son texte. Le remet au chef de pupitre s’il en existe encore qui change le titre pour faire plus accrocheur. Souvent le journaliste préfère lui-même inventer des jeux de mots imbéciles qui n’ont rien à voir avec la situation sur lequel le texte prend naissance. Il faut analyser 24 heures en 60 minutes pour comprendre toutes les inepties qui se disent. L’animatrice qui tente de faire de la conciliation de dossier en ondre, ou encore qu’elle s’inquiète de son propre fond de retraite devant tout ceux qui n’en ont pas, ou qui semble vouloir vomir lorsqu’un philosophe-écrivain français enscence le texte de la poétesse Lalonde « speak white » Alors, j’ai fermé la télévision depuis maintenant 18 mois et je m’en porte mieux. La cybertoile me suffit. Revenons aux médias, vous n’aurez peut-être pas remarqué que lorsqu’un journaliste couvre un angle qui semble trop favoriser la thèse contraire à l’éditorial le chef de pupitre en envoie un autre sur le terrain pour s’assurer de le contredire. Le journaliste lui-même n’a aucun pouvoir sauf celui de nous dire que nous ne devons pas utiliser ses textes qu’il a souvent copiés sur nos propres communiqués de presse et car il a vendu ses droits d’auteurs à son média. J’ai vu des cas ou mes communiqués de presse reproduits en intégral m’était revendu à 3$ l’unité par SNI communication qui commercialise les archives de tous les journaux de Montréal (sauf la Gazette) …enfin j’arrête ici, car je l’écrirais la thèse, et ce ne serait pas jojo pour les prétentieux du 4e pouvoir. Le 4e pouvoir c’est leurs boss, ils ne sont rien de plus que nous tous les travailleurs d’ailleurs. Quant aux jeunes ils ont raison, sauf au Devoir qui n’est pas exempt de blâme, il y a plus de chroniqueur et blogueur dans les médias que de journalistes…alors vive l’opinion…et c’est la mienne. Dans ce monde cynique, elle vaut la vôtre. Désolé pour les fautes de français, si l’instruction aurait été gratuite probablement que mon père m’aurait invité à valorisé l’instruction à un jeune âge ou les rudiments de la langue s’epprennent bien. Enfin…

  8. C’est un excellent texte. Je crois qu’effectivement un exercice de réflexion sur ce sujet est essentiel. Une des plus grandes conséquences de ce conflit sera le rapport entre les médias (surtout comme vous le dites, le volet éditorialiste des médias) et la nouvelle génération. Selon moi, il est trop tard.

  9. Le lien de confiance est brisé entre une grande partie de la generation X et Y. Apres avoir vu les images sur le net et les images dans les medias traditionel, il y a une grande difference. Les images ne sont pas couper au montage comme vous le faites pour proteger le pouvoir etablis.
    Regarder la brutalite policiere, c’est incroyable les image sur le net. Pourtant AUCUN media en parle ou sinon pour justifier cette violence vous faites appel a Yan Lafreniere. Vos medias sont complement deconnecter de la realite. Je n’ai pas a vous indiquer tout les folies, vous avez justes a scruter le net pour comprendre. Plus je regarde ses images plus je rage, plus mon voisin rage, plus mes parent ragent, plus la population vois les vraies images plus ils ragent. Ca c’est les images que nous avons vue. Imaginez tous ce qui c’est passe sans le voir !?!?!?! Vous montrez en boucle des images d’une vitre brisé mais un HUMAIN qui se fait tabasser ca c’est pas important. Vous vivez sur une autre planete ou quoi ?
    Regarder les agents provocateurs dans vos medias la liste est longue. Vous avez semer vous meme la rage d’une partie de la population. Le pire, ce n’est qu’un debut. Car les provocateur semble s’en donner a coeur joie. Vous n’écoutez plus les X et les Y. Vous propagezz les radios poubelles. Prendre du recul SVP et vous allez comprendre

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