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Carnet de lecture du Magazine : News UK dit non à la rémunération des sources, mais…

Crédit photo : El Fafa CC

L’obtention d’informations via des paiements illégaux et des pots-de-vin, dans les journaux de Rupert Murdoch, est désormais encadrée, afin de prévenir de nouveaux scandales et des infractions à la sévère loi anticorruption adoptée en 2010 au Royaume-Uni. 

Mais la nouvelle politique interne dévoilée par Press Gazette n’exclut pas qu’il soit acceptable, dans certains cas, de payer pour obtenir de l’information d’intérêt public.

Or, rémunérer des sources peut être assimilable à de la corruption, en vertu de la nouvelle législation.

News UK fournit une définition de la corruption : « offrir, promettre ou donner un avantage financier ou autre (incluant, entre autres, de l’argent, de luxueux cadeaux ou tout autre avantage, comme la promesse d’une couverture favorable) à une autre personne, dans l’intention d’inciter cette personne à contrevenir aux règles ».

Les journalistes sont informés que la corruption de fonctionnaires est particulièrement grave. « Payer quelqu’un pour obtenir de l’information en lien avec son travail peut s’avérer illégal au regard de la nouvelle législation », prévient la direction.

Cependant, si une information présente un haut degré d’intérêt public et que la personne qui la fournit n’agit pas à l’encontre de ses devoirs professionnels, payer pour l’obtenir peut être acceptable, selon News UK.

À cette nouvelle directive s’ajoute la création d’une ligne téléphonique de dénonciation des pratiques contraires à l’éthique. Ces sonneurs d’alarme (whistleblowers) pourront garder l’anonymat, mais la direction fait valoir qu’il est plus facile d’enquêter sur des révélations lorsque les témoins livrent des informations à visage découvert.

Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte où l’image des publications de l’empire Murdoch est encore ternie par l’affaire des écoutes électroniques illégales et de diverses pratiques contraires à l’éthique mises en lumière par la commission Leveson.

Le tabloïd News of the World a fermé ses portes en 2010, dans la foulée du scandale, et plusieurs journalistes associés au groupe ont fait face à des accusations.

Lectures complémentaires

Selon le Guide de déontologie de la FPJQ, « Les journalistes et les entreprises de presse ne versent aucune rémunération aux personnes qui acceptent d’être leurs sources d’information. » Les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada abondent dans le même sens : « Afin de préserver notre indépendance, nous ne payons pas pour l’information que nous obtenons de nos sources. »

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« Écrire d’une entreprise de presse qu’elle a acheté ses sources est l’accusation la plus grave que l’on puisse porter ». C’est l’avis de Jean Pelletier, alors directeur des nouvelles télévisées à Radio-Canada, rapporté dans une décision rendue par le Conseil de presse du Québec en 2002.

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News UK n’a pas la paternité de l’idée d’une ligne téléphonique de dénonciation. L’Independent Press Standards Organisation (IPSO), organe d’autorégulation des médias britanniques actuellement en gestation, pourrait en établir une. Une recommandation du juge Leveson allait également dans ce sens. À lire: « La conscience du journaliste » publié en août dans le Magazine du CPQ.

Le carnet de lecture du Magazine du CPQ offre au lecteur des résumés d’articles, bonifiés d’une mise en contexte et de suggestions de lectures complémentaires. Les articles sélectionnés proviennent de la revue de presse quotidienne du Magazine.

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