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Nouvelles & Communiqués

Erreurs récurrentes dans la couverture de l’abolition du registre des armes d’épaule

Montréal, mardi 23 février 2016 – Le tribunal d’honneur du Conseil de presse du Québec a rendu et publié sept (7) nouvelles décisions reliées à des plaintes qu’on lui avait soumises. Cinq (5) d’entre elles ont été retenues, les deux (2) autres ayant été rejetées. Quatre d’entre elles sont ici résumées.

Un cocktail de fautes dans un article sur le registre des armes d’épaule
D2015-03-104 : M. Jérôme Bélanger, M. Serge Lachapelle et M. Frederic Vignola c. M. Sébastien Ménard, rédacteur en chef et le quotidien Le Journal de Québec – Édition Saguenay – Lac-Saint-Jean

Utilisation d’une photographie trompeuse, titre inexact et titre sensationnaliste : les trois griefs déposés par trois plaignants, et 32 autres en appui, ont été retenus et le Journal de Québec – Édition Saguenay—Lac-Saint-Jean, a en conséquence été blâmé.

Puisqu’il était coiffé de la photo d’une arme de poing, un type d’arme qui n’a d’aucune manière été affecté par la suppression du registre dont traite l’article, le grief pour photographie trompeuse a été retenu. Le grief pour titre inexact, quant à lui, a également été retenu puisqu’il suggérait que le registre détruit était celui « des armes à feu », ce qui est évidemment faux : seul celui des armes d’épaule l’a été. 

Finalement, le titre apparaissant à la une – « Destruction du registre des armes à feu – Inquiétudes dans la région » – a été jugé sensationnaliste par une courte majorité de membres du comité des plaintes : en ne précisant pas quelle était la teneur des « inquiétudes » qu’y était évoquées, le lecteur était amené à penser, à tort, que la population craignait ou devait craindre les conséquences de l’abolition du registre, alors qu’en fait l’article traitait plutôt des craintes exprimées par des vendeurs et acheteurs d’armes d’épaule qui appréhendaient les coûts d’un futur registre québécois.

Le Conseil constate que les médias québécois ont été nombreux à faire ce genre d’erreurs au cours des dernières années, et tient en conséquence à rappeler qu’on ne saurait utiliser n’importe quelle photo d’arme à feu pour illustrer un article portant un type particulier d’arme, puisqu’en procédant ainsi, on déforme la réalité qu’on cherche à représenter. Seul le registre fédéral des armes d’épaule a été aboli. Autrement dit, il est toujours nécessaire d’enregistrer les armes à feu à autorisation restreinte et les armes à feu prohibées.

En cas de doute, les médias devraient consulter des spécialistes sur ces questions.

Propos de Jeff Filion sur les Gaspésiens : un mépris indéfendable
D2015-03-099 : M. Philip Toone c. M. Jeff Fillion, animateur, M. Patrick Côté, directeur général adjoint, l’émission « Jeff Fillion » et la station NRJ 98,9 Québec

Évaluer le mépris qui se dégage des propos tenus par un journaliste d’opinion constitue rarement une tâche évidente – la ligne entre ce qui relève de l’incitation à l’exécration ou au dénigrement et ce qui relève plus simplement d’un jugement particulièrement sévère relevant d’une opinion partagée par une minorité.

En raison du caractère particulièrement dur et inusité des propos tenus par Jeff Filion à propos des Gaspésiens, qui devaient selon lui admettre qu’ils étaient devant une alternative, déménager ou crever, le Conseil a jugé qu’il s’agissait ici de mépris, et a en conséquence blâmé l’animateur.

Reportage sur l’alimentation dans des résidences pour aînés : la plainte est rejetée
D2015-03-107 : Regroupement québécois des résidences pour aînés et M. Yves Desjardins c. Mme Héloïse Archambault, journaliste, M. Sébastien Ménard, rédacteur en chef, le quotidien Le Journal de Québec, M. Dany Doucet, rédacteur en chef, le quotidien Le Journal de Montréal, les sites journaldemontreal.com et journaldequebec.com

Le plaignant dans cette affaire, qui agissait au nom du Regroupement québécois des résidences pour aînés, prétendait que le reportage de la journaliste Héloïse Archambault sur des cas d’insalubrité alimentaire dans des résidences pour aînés, publié d’abord dans le Journal de Montréal, était incomplet et sensationnaliste. Ses deux griefs ont été rejetés.

Selon le comité, il n’était pas essentiel de préciser que les problèmes d’insalubrité de certains établissements, dont l’article fait état, pouvaient avoir été corrigés depuis que leur mise à l’amende par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Le fait est qu’ils ont, à un certain point, été constatés. De la même façon, il n’était pas nécessaire non plus de présenter des statistiques sur le nombre total d’inspections.

Le comité a également rejeté les accusations de sensationnalisme formulées par le plaignant, qui reprochait au titre d’être accrocheur, notamment parce qu’il mentionnait que des excréments de rongeurs avaient été trouvés, des découvertes qui dataient de 2012 et 2013, mais qui figuraient toujours sur la liste des condamnations du MAPAQ, puisque les jugements avaient été rendus dans les 24 derniers mois.

Les arguments de l’Association canadienne pour les armes à feu jugés peu convaincants
D2015-04-114 : Association canadienne pour les armes à feu (ACAF) et Mme Ginger Fournier, directrice générale c. M. Baptiste Ricard-Châtelain, journaliste, M. Pierre-Paul Noreau, éditeur adjoint, le quotidien Le Soleil et le site lapresse.ca

Une plainte déposée par la directrice générale de l’Association canadienne pour les armes à feu (ACAF), Mme Ginger Fournier, a été rejetée sur toute la ligne par le comité des plaintes. Mme Fournier reprochait à M. Baptiste Ricard-Châtelain d’avoir laissé entendre qu’il l’avait interviewé, ce qui serait faux selon elle, et d’avoir écrit toute une série d’inexactitudes dans un article publié le 27 mars 2015.

Le comité a jugé que les arguments de la plaignante quant au premier grief étaient peu convaincants et n’ont pas fait le poids face à ceux du journaliste : alléguant simplement qu’elle n’avait pas souvenir de s’être entretenue avec un journaliste, M. Ricard-Châtelain a pour sa part répliqué en fournissant une copie des notes prises durant l’entrevue. Quant au second grief, le comité l’a également rejeté, jugeant encore une fois que les arguments de la plaignante n’étaient pas suffisamment convaincants. 

En rafale

D2015-03-102 : Une fois de plus, une photo d’arme est mal utilisée

Une plainte visant le site internet de la station de radio 98,5 FM à Montréal dénonçant l’utilisation d’une photographie trompeuse a été retenue. L’article, qui traitait du registre des armes d’épaule, était fautivement illustré par la photographie d’une arme à feu prohibée, c’est-à-dire une arme à feu qui n’est pas touchée par l’élimination du registre d’armes d’épaule.

D2015-03-106 : Inexactitudes, manque d’équilibre et refus de rétractation

Dans cette affaire, qui opposait M. Martin Smith, conseiller municipal à la Ville de Saint-Lambert, au Journal de Saint-Lambert, le plaignant reprochait toute une série de fautes à l’éditeur du Journal, M. David Leonardo : informations inexactes, manque d’équilibre, partialité et refus de rétractation. Hormis le grief pour partialité, ils ont tous été retenus. 

Après avoir constaté de nombreuses inexactitudes, le comité a décidé de retenir également le grief pour manque d’équilibre, estimant que la version des faits du plaignant était essentielle. Considérant ces deux fautes, le comité des plaintes a également jugé que le Journal de Saint-Lambert aurait dû corriger ses erreurs, comme le demandait le plaignant.

D2015-04-111 : Une petite inexactitude qui faisait une grande différence

Le comité des plaintes a jugé que dans son article portant sur la mise sous tutelle de la ville de L’Assomption, la journaliste Sara Champagne de La Presse a commis une faute d’inexactitude en écrivant que « des policiers ont été appelés en renfort au conseil municipal de L’Assomption […] afin de freiner le maire. » 

Selon le plaignant, qui se trouve à être le maire en question, Jean-Claude Gingras, il aurait lui-même appelé les policiers, non pas pour se freiner lui-même, mais bien pour calmer l’assistance, une thèse corroborée par plusieurs des personnes présentes à la séance du conseil. 

En conséquence, la journaliste Sara Champagne et La Presse ont été blâmées. 

Décisions de la commission d’appel

La commission d’appel du Conseil de presse s’est réunie le 8 février 2016 pour entendre trois demandes d’appel. L’une d’elles, déjà rendue publique, concernait le dossier D2014-07-008, opposant M. Paul Desfossés au journaliste Alain Gravel et la Société Radio-Canada.

Dans les deux autres dossiers dont elle a eu à traiter, la commission a décidé à l’unanimité de maintenir les décisions rendues en première instance.

L’appel logé par le journaliste M. Pascal Faucher, son rédacteur en chef François Beaudoin et La Voix de l’Est dans le dossier D2014-10-030 a donc été rejeté, tout comme celui logé par M. Jacques Bois dans le dossier D2014-06-136.

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SOURCE :
Julien Acosta, directeur des communications
Conseil de presse du Québec
Tél. : (514) 529-2818

RENSEIGNEMENTS :
Guy Amyot, secrétaire général
Conseil de presse du Québec
Tél. : (514) 529-2818