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Nouvelles & Communiqués

Le Conseil de presse s’inquiète de la confusion des genres et de l’information-spectacle

Le 29 septembre 1998 - Le Conseil de presse entend prémunir le public québécois contre l'information-spectacle et la désinformation, après avoir fait le constat d’une large confusion des genres journalistiques dans les médias. Il montre notamment la nette distinction qui existe entre une véritable tribune téléphonique, et la performance de « tribuns téléphoniques » ou des « spectacles médiatiques », l’une répondant aux exigences d'un journalisme de qualité et les autres pas.

Face à un large constat de confusion des genres journalistiques dans les médias, le Conseil de presse du Québec a amorcé une réflexion de fond sur ce phénomène, de manière à prémunir le public québécois contre l’information-spectacle et des procédés de désinformation.

Devant la multiplication des émissions de tribunes téléphoniques dans les médias électroniques, et compte tenu du nombre croissant de plaintes de citoyens signalant des outrances verbales et des dérogations aux règles de l’éthique journalistique, le Conseil de presse a jugé opportun de se pencher, en premier lieu, sur ce genre médiatique.

Après une première analyse de la situation et une consultation effectuée à ce sujet auprès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, de la Fédération nationale des communications, du Conseil canadien des normes de la radiotélévision et du CRTC, le tribunal d’honneur de la presse québécoise élargira maintenant sa consultation au grand public, par le biais du réseau Internet.

Le Conseil de presse du Québec estime de son devoir de départager, tout en distinguant les genres journalistiques, ce qui répond aux exigences d’un journalisme de qualité et ce qui n’y répond pas.

Au-delà des abus de langage qui sont le lot d’un certain nombre de tribunes téléphoniques, le Conseil s’inquiète d’un danger plus pernicieux, parce que moins évident de ces  » tribuns téléphoniques  » : leurs recours fréquents à ce qu’il a convenu d’appeler la désinformation, c’est-à-dire l’action d’informer faussement en présentant dans les médias, sous des dehors officiels, une image déformée, tendancieuse ou incomplète de la réalité.

Il est clair pour le Conseil que le problème que suscitent certaines tribunes téléphoniques ne relève pas de la formule elle-même. Émissions d’affaires publiques laissant une large part à l’auditoire invité à s’y exprimer, les tribunes peuvent constituer des occasions de discussions valables, des forums d’échanges enrichissants.

On notera que plusieurs émissions, reprenant cette formule à la télévision et à la radio, respectent les règles déontologiques du journalisme quant à la rigueur et à l’objectivité.

Cependant, année après année et de plus en plus fréquemment, le Conseil de presse doit reconnaître que la marge de manœuvre tolérée par la pratique journalistique et ses règles d’art paraît encore trop étroite pour quelques animateurs qui rejettent toute forme de contrainte.

Malgré les blâmes signifiés, malgré les réprimandes du Conseil canadien des normes de la radiotélévision et les avis du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, il faut bien convenir que les excès de toute sorte dont souffrent certaines tribunes téléphoniques se perpétuent.

Aux yeux du Conseil, il doit être clair pour tout le monde, surtout pour le public, que certains médias et animateurs font des émissions d’affaires publiques et d’autres pas. Il est nécessaire de faire une nette distinction entre de véritables tribunes téléphoniques, et la performance de  » tribuns téléphoniques  » ou des  » spectacles médiatiques « .

Rappelons les critères sur lesquels s’appuiera le Conseil de presse pour départager les véritables tribunes téléphoniques des spectacles médiatiques.Toute émission d’affaires publiques doit présenter à l’antenne toutes les facettes du sujet traité, avec exactitude et honnêteté ;

  1. L’information transmise au public dans ce cadre doit donc être complète et conforme aux faits et aux événements;
  2. La rigueur intellectuelle dont doivent faire preuve les médias et les journalistes constitue la garantie d’une information de qualité. Les professionnels de l’information ne doivent ni recourir à l’autocensure ni se laisser guider par leurs préjugés, intérêts personnels ou inimitiés;
  3. Une information de qualité est synonyme de précision, d’intégrité, et de respect des personnes, des événements et du public.

Subséquemment, le Conseil élargira sa réflexion sur la confusion des genres à la couverture journalistique du monde du sport, aux émissions de variété et d’humour et aux  » columnists « .