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Nouvelles & Communiqués

Le président du Conseil de presse s’inquiète de l’utilisation excessive de sondages en période électorale

Le président du Conseil de presse, devant les membres du Conseil de presse réunis en assemblée générale annuelle, s’inquiète face à l'avalanche de sondages d'opinion publique diffusés au cours de la dernière campagne électorale. Concernant le travail des médias, il estime qu’en général, ceux-ci ont respecté les règles d'éthique du journalisme. Enfin, il dresse le bilan de son organisme pour l’année 1998 et annonce ses priorités pour l’année 1999.

Selon le président du Conseil de presse du Québec, M. Michel Roy,  » on peut se demander si les médias, surtout en période électorale, ne succombent pas à la fièvre de l’inflation des sondages dont l’effet nocif serait d’altérer la réalité, comme ce fut le cas cette année « .

M. Roy a fait état de son inquiétude face à l’avalanche de sondages d’opinion publique diffusés au cours de la dernière campagne électorale, devant les membres du Conseil de presse réunis en assemblée générale annuelle à Sherbrooke, en fin de semaine dernière.

M. Roy a souligné le fait que toutes les maisons de sondage ont dépassé leurs marges d’erreurs (3,1 % 19 fois sur 20) au cours de la campagne électorale et auraient intérêt à effectuer leur examen de conscience à cet égard et d’en faire connaître les conclusions au public.

En ce qui a trait au travail des médias, le président du Conseil de presse estime que les comptes rendus, autant que les analyses et les éditoriaux de la presse en général ont respecté dans l’ensemble les règles d’éthique du journalisme. M. Roy a cependant émis une réserve sur la couverture de la soirée des élections sur le réseau TQS, où selon lui,  » nous avons eu droit à une émission-spectacle, une sorte de grand cirque électoral, une farce, une caricature tournant en dérision la campagne électorale et la classe politique « .

Le président du CPQ ne conteste pas le droit de TQS d’exploiter ce filon qui s’est révélé rentable, attirant un public considérable dans la soirée du 30 novembre. Selon M. Roy,  » c’est donc que, pour une partie importante de l’auditoire, le désintérêt et le dégoût envers la politique atteignent des proportions inquiétantes… ou alors la manière de présenter les résultats à Radio-Canada et à TVA n’intéresse plus assez les citoyens « .  » L’information-spectacle, ce soir-là, a marqué des points « , a-t-il conclu.

Le président du Conseil de presse a par ailleurs dressé le bilan de son organisme pour la dernière année, faisant part de sa satisfaction devant le niveau d’activités élevé du Conseil en 1998. En outre, le Conseil de presse a vu le nombre de plaintes et de demandes de toutes s’accroître de quelque 150 % en moins de deux ans, confirmant ainsi le rôle essentiel joué par le Conseil auprès du grand public et de la communauté journalistique.

En 1999, le Conseil poursuivra en priorité sa réflexion et consultation publique sur la confusion des genres médiatiques et la désinformation. Le CPQ verra également à solutionner l’insuffisance de ses ressources humaines et financières, un problème auquel l’organisme est confronté depuis plusieurs années. Comme piste de solution, les membres du Conseil envisagent entre autres de fixer un tarif minimal d’ouverture de dossier pour toute plainte sur laquelle il sera appelé à se prononcer. Les services du Conseil de presse sont dispensés depuis 25 ans sous le signe de la totale gratuité de coût.

Enfin, quatre nouveaux membres ont été nommés, en fin de semaine, au conseil d’administration du CPQ. Il s’agit de Mme Michaëlle Jean de RDI et de MM. Denis Bélisle de Télé-Québec, Louis Falardeau de La Presse et Jean Vigneault du Courrier de Saint-Hyacinthe.