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Chroniques

JANVIER 2013 – Tour du monde déontologique

 Faillait-il diffuser un extrait du canular de la radio australienne ?

 

Crédit photo : Jpagan3 CC

CBC—Radio-Canada, services anglais du bureau de l’Ombudsman. Dans une analyse publiée le 22 janvier, l’ombudsman estime que la politique d’information de CBC a été respectée, lorsque le réseau CBC News a diffusé, le 5 décembre 2012, un court extrait d’une entrevue, réalisée la veille par deux animateurs d’une radio australienne se faisant passer pour la reine Elizabeth II et le prince Phillip.

Le canular qui a fait grand bruit il y a quelques semaines a exposé publiquement la conversation avec une infirmière d’un hôpital londonien où la duchesse de Cambridge était hospitalisée. La blague a pris une tournure dramatique le 7 décembre, avec l’annonce du suicide de l’infirmière.

La diffusion de l’extrait deux jours plus tôt, sans la permission de l’infirmière, est une faute éthique et une atteinte à la vie privée de la duchesse, Kate Middleton, selon le plaignant.

Le directeur général du réseau CBC News estime que l’extrait diffusé ne révèle que très peu de détails privés au sujet de Kate Middleton, dont l’hospitalisation pour des nausées liées à sa grossesse était déjà largement médiatisée. D’autre part, il admet que l’entrevue ne répond pas aux standards journalistiques maison, mais note qu’elle n’a pas été réalisée par des employés de CBC.

Dans son analyse, l’ombudsman souligne que la question éthique centrale tient à ceci : si l’entrevue ne répond pas aux normes de la CBC, est-il acceptable d’en diffuser un extrait ?

Il rappelle que les journalistes ont le devoir de témoigner des faits d’intérêt public le plus fidèlement possible, tout en respectant, dans ce cas, la vie privée de la duchesse et la dignité de l’infirmière dupée. Il note que le contenu diffusé était déjà très médiatisé et en lien avec des membres de la famille royale britannique, figures éminemment publiques.

En tenant compte du fait que le canular des animateurs australiens n’avait pas encore pris une tournure dramatique le 5 décembre, l’ombudsman conclut qu’il était justifié d’en diffuser un extrait, afin de permettre au public de s’en faire une idée et d’apprécier les lacunes de sécurité de l’hôpital, qui a révélé des informations privées d’une de ses patientes.

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