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Chroniques

JANVIER 2013 – Tour du monde déontologique

 Plagiat et attribution : citer toutes les sources, toujours

 

Crédit photo : MeLY3o CC

Washington Post. « Est-ce que la technologie a fait de nous tous des plagiaires ? » demande l’ombudsman du Washington Post Patrick B. Pexton, dans sa chronique du 18 janvier, « The Post uses someone else’s words — again », en réaction à un quatrième épisode de plagiat du quotidien américain en moins de deux ans.

Le Washington Post a établi des règles irréprochables et strictes en la matière et a réagi de façon professionnelle dans chaque cas, admet-il. Mais il estime que les corrections et les excuses publiques ne suffisent pas et qu’il faut agir en amont.

L’accès instantané à une multitude de sources, via internet, n’est pas une excuse valable, pour un journaliste, de ne pas identifier la provenance des informations qu’il publie, conclut-il. Son devoir est de créditer tous les auteurs et toutes les sources qui l’abreuvent, « tous les jours, tout le temps », souligne M. Pexton.

 (Les citations de Patrick B. Pexton sont des traductions du Magazine du CPQ),

 

Toronto Star. Le 11 janvier, l’ombudsman Kathy English qualifie de « sans précédent » l’occurrence de deux cas de plagiat en une semaine, au sein du quotidien torontois.

Une première entorse à la Politique et au Guide des pratiques journalistiques advient le 4 janvier, dans un article de la section Business titré « Entertainment One takeover of Alliance Films clears hurdle ». La journaliste, Madhavi Acharya-Tom Yew, avait omis d’attribuer des passages de son texte provenant d’un article du Globe and Mail.

Un deuxième cas, beaucoup plus lourd, surgissait le lendemain dans un article d’opinion signé par le directeur de l’enseignement à la commission scolaire de Toronto, Chris Spence, qui avait omis d’attribuer de nombreux passages de son texte à diverses sources.

M. Spence, qui avait collaboré à plusieurs reprises au Globe dans le passé, devait quitter son poste de la commission scolaire le 10 janvier, miné par un scandale alimenté par la multiplication d’autres actes de plagiat lui étant reprochés : dans sa thèse de doctorat, dans des discours qu’il a prononcés, dans son blogue.

« Le plagiat est le péché capital du journalisme », écrit Mme English. Les deux événements ont motivé une réflexion et des réactions à l’interne, admet-elle. Le Star a notamment publié des excuses, le 4 et le 5 janvier.

Dans la foulée d’un scandale lié au plagiat de la chroniqueuse Margaret Wente, du Globe and Mail, en septembre dernier, le Toronto Star avait déjà revu sa politique quant au plagiat et à l’attribution.

À la suite des épisodes vécus au début du mois de janvier, le Star a fait l’acquisition d’un logiciel de détection du plagiat.

Il a par ailleurs examiné les articles écrits au cours de la dernière année par Mme Acharia-Tom Yew et allait faire de même pour le travail de M. Spence, lorsque celui-ci a démissionné.

Dans sa chronique du 25 janvier, Kathy English passe en revue les résultats de l’examen du travail de sa journaliste et constate qu’elle a globalement respecté les standards du quotidien.

Cependant, elle note quelques exemples de formulations et d’informations générales manifestement repiquées ici et là (fils de presse ou autres médias). Les textes visés seront corrigés et bonifiés de notes à l’attention des lecteurs, afin de leur signaler les omissions d’attribution originales.

L’ombudsman souligne que ces erreurs ne sont pas que le lot d’une seule journaliste. Ce cas particulier a mis en lumière une problématique plus générale. « Il semble qu’il y ait de la confusion dans la salle de nouvelles au sujet des bonnes pratiques d’attribution des textes en ligne et de l’information factuelle, dans un contexte où la plupart des journalistes se fient à internet pour leurs recherches d’information de base et pour la réécriture ».

Afin d’évaluer l’ampleur des manquements de son équipe, la direction du Star entend soumettre l’ensemble de sa production à un examen aléatoire, rapporte Kathy English.

 (Les citations de Kathy English sont des traductions du Magazine du CPQ).

 

 

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