Extras
Imprimer
Ajouter aux Favoris
Envoyer à un ami

Chroniques

Juin 2013 – Tour du monde déontologique

« Pour en savoir plus » sur la vente d’une virginité

Crédit photo : Landscape-Photo.net CC

19 juin, Belgique. Le CDJ rend une décision sur un dossier dont il s’est saisi d’initiative. L’article visé, paru dans le journal La Dernière Heure, est titré « Je vends ma virginité pour minimum 100.000 euros ». Il présente une entrevue réalisée avec la jeune Bruxelloise initiatrice de l’offre.

 Le CDJ affirme ne porter aucun jugement sur la démarche de la jeune fille et ne pas reprocher à La Dernière heure l’évocation de ce sujet. Cependant, le journal a manqué « de toute distance critique et de toute mise en perspective », en particulier en incluant un encadré, au milieu de la page, intitulé « Pour en savoir plus ». Cet encadré ne comprenait que le lien vers le blogue de la jeune fille et l’adresse électronique permettant de lui faire une offre.

 Le CDJ ajoute à la liste des manquements à la déontologie journalistique de La Dernière heure : atteinte à la dignité humaine, encouragement à la prostitution, confusion entre journalisme et publicité pour un site pornographique et manque de responsabilité sociale de la part du journaliste et du média.

 Dans sa défense, le journal affirme qu’il a reçu l’approbation de la mère de la jeune femme, avant la publication de l’article. Il affirme que le but n’était pas publicitaire, mais bien de présenter un fait de société. Il souligne enfin que l’encadré visait à crédibiliser le sujet et que la publication d’un commentaire d’une journaliste, le lendemain, apportait la distance dont le CDJ reproche l’absence.

 Or, le CDJ souligne que ce commentaire était accompagné d’un autre article dans lequel étaient mentionnées les offres faites à la jeune fille suscitées par l’article de la veille.

 « Un tribunal pénal pourrait voir dans cet ensemble du proxénétisme ou de l’incitation à la débauche, peut-on lire dans la décision du CDJ. Il en est d’autant plus ainsi que le site web auquel renvoie l’article incriminé est un site pornographique sur lequel l’annonce de Cindy figure toujours cinq mois plus tard. Tout cela porte à croire que la démarche faite par la jeune femme vers La Dernière Heure pour susciter l’interview était en fait un « coup » promotionnel pour ce site

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *