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Chroniques

Mai 2013 – Tour du monde déontologique

Première : la CDJ analyse une plainte contre un livre

Crédit photo : Circa Sassy

Belgique, 15 mai 2013. Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) a pour la première fois analysé une plainte et rendu une décision relativement à un livre. La plainte, formulée par l’intendant de la Liste civile du Roi, vise le livre Question(s) Royale(s), du journaliste Frédéric Deborsu.

D’entrée de jeu, le CDJ reconnaît l’aspect polémique du livre, qui porte sur la famille royale. Même si une partie de la population éprouve de la sympathie pour la monarchie, il est important que cette sympathie ne constitue pas un frein au travail des journalistes, met en garde le Conseil.

« Le CDJ rappelle que dans une société démocratique, aucun thème lié à la vie en société n’est tabou pour les journalistes et les médias. Il est tout à fait légitime de considérer la monarchie comme sujet potentiel pour le journalisme d’investigation. Le journalisme a pour fonction d’informer, pas de taire, toujours dans le respect de la déontologie. »

Sur les six griefs que comprenait la plainte, le CDJ en a retenu deux, dont un partiellement. Les reproches de recours au plagiat et à la fiction, à d’informations non vérifiées et d’atteinte à la vie privée ont été rejetés. On retient entièrement le grief pour la publication de propos confiés « off the record » et partiellement le grief pour recours à des insinuations.

Le grief pour le non-respect du caractère « off the record » d’information concerne des propos du Roi recueillis en 1994, lors de son entretien avec deux journalistes. Frédéric Deborsu qualifie cette conversation d’entrevue. Le fait est que cet échange, que M. Deborsu reproduit intégralement dans son livre, lui a été transmis par son frère, le journaliste Christophe Deborsu. Ce dernier avait mentionné, en tête de ses notes, le caractère « off » des propos. Les publier en les attribuant au Roi constitue un manquement à la déontologie, estime le CDJ.

Afin de bien cerner le grief sur le recours de l’auteur à des insinuations, le CDJ définit d’abord celles-ci comme le fait de « reproduire certaines informations sans les certifier tout [en] induisant auprès du public la conclusion qu’elles sont sans doute avérées ; cela revient à en dire trop ou trop peu ».

Deux passages du livre sont fautifs à cet égard, estime le CDJ: un premier, qui évoque la relation entre le prince Philippe et son ami, Thomas d’Ansembourg, et un second, qui aborde la possible naissance des enfants de Philippe et Mathilde par procréation assistée. Ces insinuations sont des manquements à la déontologie parce qu’elles enfreignent le respect de la vérité et l’interdiction de supprimer des informations essentielles, évalue le CDJ.

« Soit un journaliste détient des informations sourcées lui permettant d’affirmer un fait et il l’exprime ainsi, soit il ne dispose pas de telles informations, mais alors il ne doit pas en parler plutôt que d’émettre des sous-entendus », résume le CDJ.

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