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Reportages sur Karla Homolka : Philippe Teisceira-Lessard et La Presse blanchis en appel

Montréal, le 3 août 2018 — La commission d’appel du Conseil de presse du Québec a revu six décisions du comité des plaintes ayant fait l’objet d’un appel de l’une des parties. De ce nombre, trois décisions ont été infirmées, deux ont été maintenues et une demande d’appel a été jugée irrecevable.

D2016-05-141 (2) : La commission d’appel annule la décision visant trois reportages sur Karla Homolka publiés dans La Presse

La commission d’appel infirme dans sa totalité la décision de première instance visant le journaliste Philippe Teisceira-Lessard, le quotidien La Presse+ et le site lapresse.ca relativement à des articles publiés en 2016. En première instance, le Conseil les avait blâmés sévèrement pour identification de personnes mineures, identification d’un proche d’une personne coupable d’actes criminels et pour atteinte au droit à la vie privée.

Les articles rapportaient que Karla Homolka, qui avait purgé 12 ans de prison pour le meurtre de deux adolescentes ontariennes, s’était installée à Châteauguay, ce qui suscitait des inquiétudes auprès du voisinage.

La Presse n’a pas identifié les enfants ni le mari de Karla Homolka

La commission d’appel a jugé que les informations contenues dans les articles de La Presse visés par la plainte n’étaient pas suffisantes pour mener à l’identification des enfants de Karla Homolka par le grand public.

Malgré tout, la commission relève que ces informations étaient près de franchir les limites déontologiques et recommande aux médias la plus grande prudence lorsqu’ils publient des informations sur des mineurs.

Concernant l’identification du mari de Karla Homolka, la commission d’appel a relevé qu’il n’était nommé par son nom de famille dans aucun des articles en cause et que les autres informations le concernant n’étaient pas suffisantes pour que le grand public puisse l’identifier.

La Presse pouvait juger d’intérêt public certains éléments de la vie privée de Karla Homolka

La commission a tranché que La Presse pouvait juger d’intérêt public de dévoiler certains éléments de la vie privée de Karla Homolka, en raison de la gravité des crimes commis dans le passé et en raison des inquiétudes suscitées dans l’entourage, notamment celles des parents d’élèves fréquentant la même école que les enfants de Mme Homolka.  

Lire la décision complète


D2017-03-036 (2) :  Décision contre le chroniqueur sportif Martin Leclerc infirmée

La commission d’appel annule la décision rendue en première instance concernant un grief de propos méprisants et d’entretien de préjugés visant le journaliste Martin Leclerc et l’exonère de tout blâme. Elle estime que le principe déontologique traitant de la discrimination a été interprété de manière trop étroite en première instance. Le Conseil avait alors jugé que le chroniqueur avait fait preuve de mépris et entretenu des préjugés en commentant les performances de l’équipe israélienne de baseball sur les ondes de la radio 91.9 Sports en mars 2017.

La commission d’appel estime qu’en tant que journaliste d’opinion participant à une émission sur l’actualité sportive où une large place est laissée à l’humour grinçant et à la caricature, Martin Leclerc pouvait jouir d’une grande latitude dans le choix du ton et du style adopté. Même si les propos de M. Leclerc, pour lesquels il s’était excusé le lendemain, ont vexé certaines personnes, la commission juge que les limites permises à la liberté d’expression n’ont pas été franchies.

Lire la décision complète

Lors de cette réunion, le Conseil a également rendu quatre autres décisions disponibles en cliquant sur les liens ci-dessous.

D2016-12-074 (2) : Le site lapresse.ca c. Martin Léger et Gabriel Tremblay

D2016-07-002 (2) : Daniel Lambert c. André Duchesne et La Presse+

D2016-12-065 (2) : Le site lapresse.ca c. Benoit Lelièvre

D2015-09-034 (2) : Laurence Tilmant-Rousseau c. L’émission « La sphère » et ICI Radio-Canada Première

À propos

La commission d’appel du Conseil de presse dispose de l’appel d’une décision du comité des plaintes.

Elle est tripartite et composée de trois membres permanents nommés par le conseil d’administration, provenant de chacun des secteurs des journalistes, des entreprises de presse et du public.

Le Conseil de presse du Québec est un organisme privé, à but non lucratif, qui œuvre depuis plus de quarante ans à la protection de la liberté de la presse et à la défense du droit du public à une information de qualité. Son action s’étend à tous les médias d’information distribués ou diffusés au Québec, qu’ils soient membres ou non du Conseil, qu’ils appartiennent à la presse écrite ou électronique. Le Conseil agit comme tribunal d’honneur de la presse québécoise. En aucune façon, le Conseil ne peut être assimilé à un tribunal civil, il ne possède aucun pouvoir judiciaire, réglementaire, législatif ou coercitif ; il n’impose aucune autre sanction que morale.

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