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Rapports

L’état et les besoins de l’information au Québec – 1993

Avant-propos

En insérant dans ce rapport un premier document sur l’état et les besoins de l’information au Québec, le Conseil de presse emprunte une voie nouvelle pour remplir le mandat que lui ont confié dès le départ ses membres constitutifs : promouvoir une presse libre et de qualité au service du droit du public à l’information.

Depuis quelque temps déjà, le Conseil avait pris l’habitude d’ouvrir la discussion, dans le cadre de son assemblée annuelle, sur un enjeu jugé majeur pour la liberté et la qualité de la presse et pour le droit du public à l’information. Pour arrêter d’année en année le choix du thème du débat, le Conseil devait dresser de façon plus ou moins formelle un bilan ou, comme on dit parfois, un « portrait de la situation ». Il entend formaliser désormais cette démarche et faire périodiquement le point sur la situation de l’information au Québec. Cela, bien sûr, de façon modeste et à la mesure des ses moyens, et en respectant rigoureusement les limites de son mandat. Nous croyons en effet que l’avis du Conseil de presse sur l’état et les besoins de l’information au Québec peut avoir une valeur spéciale et un poids particulier, compte tenu de sa composition – dirigeants des entreprises de presse, journalistes, personnes issues du public – et compte tenu de la connaissance privilégiée qu’il peut avoir de faits portés à son attention par les personnes qui portent plainte auprès de lui.

Les destinataires de ce document, comme ceux du rapport dans lequel il prend place, sont d’abord et au premier chef les membres du Conseil de presse du Québec, mais aussi, en partie à travers eux, le « grand public », c’est-à-dire les citoyens et citoyennes du Québec qui ont droit à une information libre et de qualité, et qui en ont besoin pour exercer les responsabilités qui sont les leurs dans une société démocratique.

*****

Signalons d’abord quelques anniversaires. Le Conseil de presse du Québec, créé en 1973, a eu 20 ans cette année. On mentionne ailleurs dans ce rapport les activités qui ont marqué l’événement. Ajoutons seulement que cet anniversaire, en disant la fermeté de l’appui des membres qui adhèrent librement au Conseil de presse, témoigne en même temps d’une option claire et tenace de la part des grands partenaires de l’information chez nous – les dirigeants des entreprises de presse, les journalistes, le public – en faveur d’une information libre, exacte, complète et de qualité, au service de l’intérêt public et donc constamment soucieuse du droit du public à l’information et de la qualité de la vie démocratique au Québec. Malgré les lacunes que l’on peut observer et en dépit des critiques que l’on peut à bon droit formuler, il y a là un acquis d’importance majeure.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), membre constitutif du Conseil de presse, célèbre pour sa part, en 1993, son vingt-cinquième anniversaire. Les orientations prises récemment visent très nettement à faire de la FPJQ un regroupement professionnel des journalistes, par delà les différences liées aux statuts ou aux appartenances régionales ou sectorielles diverses, en vue d’assurer, par une pratique journalistique plus rigoureuse et de meilleure qualité, un meilleur service du droit du public à l’information. Le Conseil ne peut que s’en réjouir : il appartient d’abord aux professionnels de l’information d’assurer par divers moyens, et notamment par la formation continue, la qualité de leur travail et le respect des exigences éthiques qui s’y rattachent. La création récente du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, placé sous la responsabilité de la FPJQ, apparaît comme une initiative tout à fait opportune et éminemment importante.

D’autres membres du Conseil de presse ont aussi célébré d’importants anniversaires au cours de la dernière année. La télévision de Radio-Canada a célébré en 1992 ses 40 printemps; Radio-Québec, en 1993, ses 25 ans; et le quotidien d’information de la région de l’Outaouais, Le Droit, ses 80 ans; le Quotidien de Chicoutimi, ses vingt ans. Rappelons que deux quotidiens montréalais sont centenaires depuis quelque temps déjà : The Gazette (1878), et La Presse (1885). La liste des hebdomadaires québécois célébrant quelque anniversaire serait trop longue à dresser, et il y aurait fatalement des oublis; notons toutefois que les hebdos du Québec ont aussi leurs centenaires, dont le Stanstead Journal, fondé en 1845. Et rien n’est dit ici des médias communautaires.

Ces rappels disent la stabilité de certaines institutions. Peut-on y voir le signe que l’information est bien servie au Québec? D’autres événements nous rappellent qu’elle est toujours menacée, et que les institutions qui en assument la responsabilité au fil des tâches et des réalisations quotidiennes demeurent fragiles.

Le document sur l’état et les besoins de l’information au Québec est divisé en trois grandes parties : quelques faits saillants, quelques tendances, quelques problèmes majeurs.

I – Quelques faits saillants

Dans tous les bilans et chaque fois que l’on tente de faire le point d’une situation, les choix faits portent la marque de personnes qui s’y sont attelés et de leurs intérêts. Nous avons déjà, à cet égard, donné nos couleurs. Reconnaissons donc au départ que le bilan dressé ici est partiel et… partial.

1. La crise économique qui sévit depuis quelques années a entraîné pour bon nombre de médias d’importantes baisses de revenus publicitaires, lesquelles ont souvent entraîné à leur tour, sinon toujours une réduction de l’espace consacré à l’information, du moins des coupes importantes dans la part faite à l’information neuve, dans plusieurs salles de rédaction ou de nouvelles, par une réduction de l’effectif des journalistes et par des réaménagements parfois importants dans leurs conditions de travail.

Sans souci d’exhaustivité, rappelons rapidement quelques faits douloureux qui ont fait la une au cours de la dernière année : les répercussions pour The Gazette des difficultés financières du groupe Southam, les conséquences de la baisse des revenus publicitaires pour les équipes de rédaction de La Presse et du Soleil, la crise du Devoir quelques mois après une audacieuse relance. – Pour Radio-Canada, lancée dans une vaste entreprise de « repositionnement », la baisse du financement public a été source, de grandes difficultés, au point que son président, à plusieurs reprises et avant de donner sa démission, signalait aux autorités gouvernementales canadiennes que les nouvelles compressions annoncées risquaient d’empêcher la SRC de remplir son mandat. – Dans des stations de radio privées, des décisions récentes réduisent de façon importante le nombre des journalistes, ce qui ne saurait aller sans rejaillir globalement sur la qualité de l’information diffusée au Québec et sur la diversité tant de ses sources que des couleurs données. CJMS (Radio Mutuel) et CKAC (Télémédia) ont récemment aboli les postes de correspondants à Ottawa et à Québec, comptant désormais sur NTR pour les reportages en provenance de la Chambre des communes et de l’Assemblée nationale, de sorte qu’il ne reste plus en la matière que deux sources d’informations seulement : NTRE et SRC.

Les effets d’une dure récession… qui dure… constituent une lourde menace pour la qualité de l’information et, en certains cas, pour la survie même des entreprises de presse.

2. L’information en région et l’information régionale ont souffert de façon toute particulière des conséquences de cette récession qui n’en finit pas de durer : réduction de postes et de services de grands réseaux nationaux d’information dans les régions; fusions entraînant, avec la disparition de certains médias régionaux, la réduction des effectifs journalistiques totaux; retraits de subventions à des médias communautaires qui paraissent en certains cas « condamnés »; etc.

Le mouvement de « restructuration » du monde des médias, amorcé il y a quelques années déjà, s’est poursuivi en 1992-1993. Instaurant de nouveaux rapports entre le « centre et la périphérie », il force à repenser la dynamique des allers-retours entre l’information régionale et l’information dite nationale, qui ne peut se prétendre nationale et faire l’économie de ce qui se passe dans les régions, et à revoir les exigences d’une véritable information en région. Les enjeux de cette « restructuration » et ses conséquences pour l’information régionale et pour l’information en région ont fait l’objet, lors de l’assemblée générale du Conseil de presse du Québec tenue à l’automne 1992, d’un débat dont il est rendu compte dans une autre section du rapport annuel 1992-1993 (1). Comme on l’a alors mis assez nettement en évidence, la « restructuration » a eu pour effet, en certains cas, de déposséder les régions de leurs médias et de leurs réseaux d’information, et de réduire la part faite à l’information régionale dans l’information dite nationale ou dans les grands médias. En retour, elle a permis parfois de sauver des médias régionaux, leur évitant la faillite, et elle ouvre la voie à de nouveaux modes d’information en région, et à de nouveaux rapports centre-régions en matière d’information.

Chose certaine, l’information n’est pas morte dans les régions du Québec. Divers événements et plusieurs réalisations importantes ont témoigné de sa vitalité malgré les difficultés rencontrées, au cours de la dernière année; mais le Conseil n’entend pas faire un palmarès de ces réalisations. Signalons toutefois quelques-unes des rencontres au cours desquelles ces réalisations ont fait l’objet d’exposés et d’échanges : colloque des médias de l’Estrie, congrès de l’AMECQ (Association des médias écrits communautaires du Québec) et de l’AJRQ (Association des médias régionaux anglophones du Québec), États généraux de l’information au Saguenay – Lac-Saint-Jean (à l’instigation de l’Association des usagers des médias de la Sagamie et d’autres partenaires), etc. Il est apparu clairement, au fil des échanges de ces diverses rencontres, que la presse régionales ou la presse en région n’est pas seulement à la recherche d’un nouveau souffle, mais qu’elle emprunte déjà, et parfois avec un enthousiasme neuf, des voies neuves. Le Conseil de presse du Québec a pu constater à plusieurs reprises, au cours de la dernière année, le souci largement partagé d’une information de qualité, au service de la vie démocratique dans les diverses régions du Québec.

3. Au cours de l’année 1992-1993, la campagne référendaire aura sans doute été, pour l’information, l’événement majeur. D’aucuns ont reproché à la presse d’avoir manipulé le public. D’autres ont dénoncé les leaders et les « organisateurs » des deux camps du OUI et du NON, les accusant d’avoir tenté de museler la presse ou de l’avoir manipulée.

Deux enjeux majeurs pour l’information ont ici retenu l’attention du Conseil : ce que l’on a appelé l’ « affaire Wilhelmy » et le recours aux tribunaux pour empêcher la diffusion d’informations d’intérêt public, d’une part; les efforts incessants pour transformer la presse en outil de communication, d’autre part.

(a) Venant après l’affaire Norsk-Hydro et les injonctions interdisant la publication des contrats secrets d’Hydro-Québec avec quelques grandes sociétés (2), et peu après les efforts déployés par le Comité du Sénat canadien pour les affaires des anciens combattants visant à empêcher la diffusion du documentaire La Bravoure et le Mépris (3), l’affaire Wilhelmy relançait le débat sur la liberté de la presse et ses limites; elle posait une fois encore la question des difficiles rapports entre justice et médias, entre droits et libertés individuelles et protection de la vie privée, d’une part (4), et intérêt public et liberté de presse, d’autre part. Cette question complexe a fait l’objet d’un débat public, le 3 mai 1993, dont il est rendu compte dans le rapport du Conseil (5). Nous y revenons plus loin.

(b) Au cours de la campagne référendaire, les parties en débat ont fait état à diverses reprises de leur insatisfaction à l’endroit de la presse. D’aucuns ont même parlé, une fois acquise la victoire du NON, d’une victoire du quatrième pouvoir : en mettant l’accent sur les faux pas des uns et des autres plutôt que sur leurs propositions, la presse aurait en pratique fait campagne contre le OUI. Les quelques analyses faites post factum, pourtant, tendent à montrer que, de façon générale, les médias québécois ont fait preuve, tout au long du débat, d’un remarquable souci d’équilibre. Mais on n’attend pas d’eux qu’ils se contentent de répercuter images et messages préparés par les services de communication. À cet égard, la recherche d’un « contact direct » avec le public, si elle n’est pas a priori condamnable, n’est pas sans ambiguïté : on semble parfois chercher à éviter la présence des journalistes et leurs questions, et le Face à face télévisé du 12 octobre 1992, dont le président du Conseil de presse avait accepté en dernière heure la fonction de modérateur, peut être considéré comme un exemple de la démarche d’évitement évoquée ici. Nous reviendrons plus loin sur les enjeux de la « communication directe ».

4. On en a souvent appelé, dans les débats mentionnés plus haut, à l’éthique journalistique et des médias. Parmi les faits saillants de la dernière année, le Conseil de presse estime qu’une préoccupation plus nette pour l’éthique de l’information n’est certes pas sans importance. Elle s’est manifestée à la télévision et à la radio par l’émergence d’émissions comme « Le Point Médias », et « C’est la faute aux médias », mais également dans la presse écrite dans des ouvrages parfois remarqués et dans plusieurs colloques où d’importants enjeux éthiques touchant l’information et le journalisme ont été débattus. Non sans ambiguïté peut-être, le souci parfois de redorer le blason des médias et de faire remonter la cote des journalistes semblant parfois prendre le pas sur l’objectif d’assurer, au service public, une meilleure qualité de l’information. De toute façon, les débats, fort heureusement, n’ont pas été menés dans les cercles feutrés des journalistes professionnels et de quelques initiés, mais sur la place publique et avec le concours des profanes.

Le Conseil signale à cet égard l’important travail réalisé au fil des ans, à l’Institut canadien d’éducation des adultes (ICÉA), par un groupe de travail animé par Madame Lina Trudel (6), il se réjouit aussi de la récente création, à l’Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC), d’un groupe de recherche sur les médias dirigé par le professeur Florian Sauvageau.

La publication par le Conseil de presse du Québec du présent document sur l’état et les besoins de l’information au Québec s’inscrit dans ce mouvement d’attention nouvelle portée aux médias et tente de pousser plus loin certaines interrogations qui ont été au cœur des débats de l’année 1992-1993.

II – Quelques tendances

Par delà les faits saillants, dont quelques-uns seulement ont été évoqués, un regard plus attentif permet de dégager quelques grandes tendances. Le Conseil de presse du Québec souligne ici celles de ces tendances dont l’analyse fait vite apparaître des enjeux nettement liés à son mandat.

1.    Signalons d’abord la montée du discrédit de la presse, discrédit manifesté par une sorte de méfiance à l’endroit des médias et des journalistes. Très nette chez les grands acteurs du débat référendaire, cette méfiance nous semble assez largement répandue, et divers sondages tendent à confirmer cette impression. Il y a là une tendance lourde de conséquences pour l’avenir des journalistes et des médias comme pour celui de la vie démocratique et pour sa qualité.

(a)    Pour la qualité de la vie démocratique. – La qualité de la vie démocratique exige que les citoyens et les citoyennes soient informés adéquatement, qu’ils le sachent et qu’ils aient le sentiment de posséder l’information requise pour leur participation à l’orientation et à la gestion des affaires publiques. Les dirigeants des entreprises de presse et les journalistes ont à cet égard une lourde responsabilité : il leur revient de constamment assurer le service d’une information dont la qualité fonde la crédibilité. Mais on ne saurait leur faire porter tout le fardeau. Les hommes et les femmes politiques, entre autres acteurs importants, doivent reconnaître leur responsabilité propre : ils ne servent pas la démocratie – et peut-être par leur parti non plus, finalement – lorsqu’ils s’emploient à discréditer la presse et à miner la crédibilité des journalistes.

(b)    Pour l’avenir du journalisme et des médias. – En matière d’information, tout repose sur la confiance que se font mutuellement les partenaires ou les interlocuteurs. Aussi journalistes et médias ne prendront-ils jamais assez de précautions pour asseoir leur crédibilité et éviter qu’elle ne s’effrite. C’est d’abord, bien évidemment, la qualité professionnelle du travail accompli qui fonde cette crédibilité et y donne droit. Mais cette qualité professionnelle doit être manifeste, et donc clairement manifestée : journalistes et médias doivent avoir souci même des apparences de la rigueur et de l’indépendance qui sont essentielles. C’est dans ce cadre que prend place l’exigeante prise de position du Conseil de presse du Québec invitant journalistes et médias à refuser tout voyage payé et toute autre forme de « gratuité » (7), et c’est dans cette perspective que les dirigeants des médias et les journalistes sont invités à la lire.

2. On constate par ailleurs un engouement pour le développement des technologies de communication qui n’est pas sans risque pour la qualité de l’information. On nous promet pour demain, par la magie du zapping devant un choix de mille canaux, un accès direct et constant, non pas à une information multiple et variée, mais aux faits eux-mêmes et aux événements qui font l’histoire. Il y a là leurre, même s’il n’est pas voulu.

On peut certes noter avec intérêt l’accès élargi et diversifié du public québécois à l’information, accès rendu possible par l’entremise du satellite et du câble, grâce à TV5, par exemple. Mais on peut craindre aussi que, par le jeu de la concurrence entre les médias, chacun désirant aller plus loin que l’autre et « conquérir de nouveaux marchés », les nouvelles technologies soient mises au service de la sensation et de l’épate plus que de l’information et de l’analyse. On doit donc, dans ce domaine comme en tant d’autres, faire preuve de vigilance. Le Conseil de presse y invite instamment tous ses partenaires : dirigeants des médias, journalistes, public – et notamment, dans cette dernière catégorie, les chercheurs et les analystes des centres universitaires ou autres, et les membres des diverses associations soucieuses du droit du public, à une information libre, exacte, complète et diversifiée.

3. Le développement des technologies de la communication permet en outre la mise en place de nouveaux réseaux d’information : les « autoroutes électroniques » des Américains, le programme canadien CANARI, etc. L’enjeu est ici de taille. L’information est généralement perçue comme l’instrument privilégié en même temps que nécessaire de la démocratie. Mais il s’agit alors d’une information « ouverte », également disponible à tous et à toutes – en principe, du moins. Or les nouveaux réseaux semblent devoir être, d’entrée de jeu, des réseaux d’abonnés : des réseaux à accès limité, donc, réservés. L’information, on ne cesse de le répéter depuis des décennies, est instrument de pouvoir; selon qu’elle est ouverte ou réservée, elle sert la démocratie ou son contraire, elle rend possible l’exercice de la responsabilité partagée ou celui du contrôle.

L’information, instrument en quelque sorte classique de la démocratie et outil jusqu’à maintenant de toutes les entreprises de démocratisation, semble en passe de devenir ainsi instrument et outil de l’affermissement du pouvoir, voire de la domination des uns sur les autres. On peut craindre, en effet, que le fonctionnement de ces grands réseaux – effet pervers d’une innovation qui ouvre aussi d’autres horizons – n’entraîne progressivement ou n’accentue une dualisation de la société : d’un côté, ceux qui pourront détenir, outre le pouvoir de l’argent, celui de l’information, c’est-à-dire celui que donne une information exacte et la plus complète possible, sur la base de laquelle on peut asseoir analyses et projets; de l’autre, ceux et celles qui devront se contenter d’une information tronquée et qui ne peut guère nourrir que le rêve et ses illusions.

4. On assiste d’ailleurs déjà à ce que l’on appelle la segmentation des publics, phénomène provoqué et stimulé par la spécialisation des canaux de télévision et de radio, ainsi que des médias écrits. La télévision de programmation générale, selon la thèse développée il y a quelques années par Dominique Wolton (8) disait de la télévision vaut généralement, si on apporte les nuances nécessaires, pour tous les médias d’information générale et de divertissement. C’est ce sentiment d’appartenance commune à une même cité bigarrée qui est atteint par la segmentation des publics à la fois reconnue et fabriquée par la spécialisation des canaux et des médias.

Il y a plus encore dans cette dynamique de segmentation du public, et plus grave peut-être : c’est la structure même de l’information, entendue au sens d’organes d’information, qui est touchée. D’une part, le processus de segmentation du public mène déjà, dans certains milieux, à remettre en cause l’affectation de fonds, et surtout de fonds publics, pour faire vivre et se développer une information « tous publics ». D’autre part, ce même processus, davantage provoqué que subi, instaure un divorce entre l’information et le divertissement, distinguant et séparant en outre les domaines d’information et les formes ou les modes de divertissement, et contribuant à la dualisation sociétale évoquée plus haut : aux uns l’information, aux autres le pain et les jeux! Les plaidoyers en faveur de la reconnaissance du droit de chacun de choisir sa programmation sont à cet égard silencieux. Il n’est pas certain, malgré les refrains trop souvent entendus sur la liberté et l’autonomie, que la démocratie sera mieux servie.

5. Dans une perspective, le Conseil note une autre tendance; celle d’un souci plus net, dans le public comme en général chez les dirigeants des médias et chez les journalistes, du respect, non seulement des personnes et de leurs droits, mais des communautés et des groupes sociaux et de leur vie propre – qu’il s’agisse de « groupes ethniques » ou de « communautés culturelles », ou encore de collectivités régionales. Divers organismes ont dénoncé, au cours de la dernière année, le racisme manifesté dans la présentation, les titres et le contenu d’un dossier sur les Noirs publié par l’hebdomadaire montréalais Photo Police. Le Tribunal d’honneur du Conseil n’a pas encore rendu sa décision à ce sujet, et il ne saurait être question de disposer ici de la plainte reçue et qui fut transmise publiquement au Conseil. Nous retiendrons seulement que la publicité qui a entouré cette dénonciation témoigne d’une sensibilité nouvelle ou plus vive et plus largement partagée peut-être à l’endroit de groupes minoritaires ou marginalisés et de leurs membres, trop souvent objets de discrimination et parfois d’ostracisme.

Dans des décisions récentes ayant trait à d’autres dossiers (9), le Conseil de presse a invité les responsables de l’information et les journalistes à faire preuve d’une sensibilité plus vive à cet égard, sans toutefois donner dans l’autocensure. Il importe, en effet, que toute information d’intérêt public, et toute l’information d’intérêt public, soit librement diffusée; mais seule l’information d’intérêt public. Cela est clair et communément admis. Cela ne suffit toutefois pas. Il faut aller plus loin et faire en sorte que le traitement de l’information, de la cueillette à la diffusion, soit fait avec tact, avec le plus grand respect des personnes et de leurs droits, et de façon responsable. Cela veut dire que, l’exactitude de l’information ayant été bien assurée avant sa diffusion, journalistes et médias ne peuvent décliner simplement par la suite toute responsabilité quant à l’usage qui en sera fait; ils doivent s’assurer que le public aura en mains les éléments d’information complémentaire qui lui permettront de « contextualiser » l’information reçue, d’en comprendre les tenants et les aboutissants, de prendre éventuellement les décisions ou les mesures requises. Sans quoi on donne dans l’information tronquée et, finalement, dans la facilité, dans le sensationnalisme.

6. Or la tendance à la facilité et le sensationnalisme des médias, souvent décriés, trouvent dans les technologies mises à leur disposition, sinon toujours de nouveaux modes, de nouveaux instruments. Le Conseil de presse attire ici l’attention sur deux phénomènes made in USA, déjà largement importés : (a) le « news news », qui prétend éliminer la médiation journalistique pour donner accès direct à l’événement, au discours, à la rencontre du leader; (b) le « reality show », qui vise à faire vivre et éprouver par le téléspectateur les émotions des personnes qui sont au cœur du drame. Par delà la confusion des genres, il y a là risque majeur de manipulation de l’information. Nous y revenons dans la troisième partie du document.

III – L’illusion du « direct » ou les risques d’une manipulation de l’information

Plusieurs des faits et des tendances évoqués, posant des problèmes d’ordre divers, renvoient à un enjeu majeur pour la qualité de l’information et donc pour le droit du public à une information de qualité, et pour l’éthique de l’information. Nous voulons parler de la mode du « direct » et des risques de manipulation de l’information qui y sont reliés. Le « direct » en information s’inscrit d’entrée de jeu dans une dynamique d’accès élargi au réel et de démocratisation de l’information. Entretenant l’illusion, il peut toutefois, en pratique, être instrument de manipulation de l’information – et donc du public. L’éthique de l’information exige par conséquent des dirigeants des médias et des journalistes d’abord, mais aussi du public, l’exercice d’une vigilance à la fois plus critique et plus alerte. Le Conseil de presse du Québec, en ouvrant ici quelques pistes, entend simplement ouvrir la discussion, et non diriger à l’avance un nécessaire débat.

Rien ne sert, en effet, de vouloir revenir en arrière : quoiqu’en puissent dire les grands nostalgiques, il n’y a pas eu d’âge d’or de l’information. Certes pas au Québec, où le contrôle d’une bonne partie de la presse, notamment par le clergé et par les partis politiques, – contrôle discret ou affiché, – n’a cédé que récemment… et souvent pour donner lieu à d’autres jeux d’influence. Ailleurs non plus. Mieux vaut donc prendre acte, au présent, des dynamiques à l’œuvre, et tenter moins de prévoir l’avenir que d’en décider peut-être aujourd’hui dans nos comportements quotidiens.

1. Prendre acte des dynamiques présentement à l’œuvre en information, c’est, entre autres choses, (a) reconnaître que d’importants développements technologiques ont déjà transformé les pratiques  d’information et l’information elle-même; et (b) prendre conscience que ces transformations ne vont pas toutes, ni de façon claire et univoque, dans le sens du service du droit du public à une information exacte, la plus compète possible, équilibrée – de nature à aider des personnes à assumer les responsabilités qui sont les leurs dans une société démocratique.

(a) Les nouvelles technologies de l’information ont déjà profondément transformé les pratiques d’information et l’information elle-même, et il est prévisible que de nouvelles transformations viendront prolonger le mouvement amorcé. Satellites, information numérique, multiplication et diversification des canaux, etc. : non seulement les salles de rédaction ou de nouvelles ont-elles été profondément transformées au cours des dernières années, en lien et en interaction avec la modification des pratiques concrètes et quotidiennes des journalistes, mais la transformation du travail d’information rejaillit sur celle de l’information elle-même. Parce qu’on le peut, il faut faire désormais plus vif (et on sabre allègrement les propos des personnes interviewées), plus bref (et on affirme avec conviction, à l’encontre de ce que chacun a pu observer, que le public ne peut être attentif plus de trois minutes à un objet), plus « choc »… ou plus « clip ». Nous ne sommes pas assez conscients, en information comme dans les autres domaines de l’activité humaine, de la force de cet « impératif technologique » qui passe ainsi et fait passer subrepticement de la possibilité à l’obligation : on peut aller sur la lune, alors on y va!

(b) Ces transformations ne vont pas toutes dans le sens d’un meilleur service du public et du droit du public à une information exacte, complète, équilibrée… Elles n’échappent pas ni ne font échapper à l’ambiguïté qui marque les actions humaines. Si, en effet, les transformations évoquées plus haut peuvent servir et servent dans une certaine mesure à rendre plus rapidement disponible, et pour un plus large public, une information plus complète, plus précise, plus circonstanciée, elles placent du même coup les réseaux d’information et tous les médias dans une dynamique de concurrence plus vive, pour ne pas dire plus féroce.

Illustrons ce propos. L’équipement technologique de pointe dont disposaient les médias a permis, il y a deux ans, une couverture d’heure en heure de ce que l’on a appelé « la crise d’Oka »; mais cela même a transformé les équilibres dans la lutte opposant les parties et sans doute la nature même de ses enjeux : la « crise » est devenue médiatique, en ce double sens que les médias en ont fait ce que les images-chocs permettaient d,en faire dans l’imaginaire plus encore que dans l’opinion publique, d’une part; et les médias, en retour, manipulés, sont devenus des instruments pour les acteurs des deux camps – on devrait dire, pour respecter la logique de l’image créée et utilisée : par les belligérants! Finalement, le public, qu’on a toujours prétendu servir, a eu « un bon show »; mais il n’est pas certain que cette information-spectacle lui ait permis de comprendre les véritables causes, enjeux et aboutissants de la crise. Heureusement, d’autres médias on fait un travail d’information plus rigoureux et surtout plus consistant.

2. À travers l’exemple donné, le propos est ici de mettre en lumière certaines dynamiques neuves à l’œuvre en information : le souci et le culte du « direct », le désir de « faire vivre » ou « faire ressentir » les événements, l’ambitieux projet d’une information sans intermédiaire et donc sans journaliste. Ces dynamiques sont étroitement apparentées et interreliées; elles participent toutes d’une même illusion, qu’en outre elles nourrissent : celle d’un « face à face » mettant en présence des acteurs et des événements et qui dispenserait, finalement, de devoir informer. Or ce face à face, foncièrement impossible, est illusoire. L’entreprise tourne donc à la mystification et à la manipulation.

(a) L’illusion du « direct » – Les critiques du traitement, médiatique de la Guerre du Golfe, faites après coup, ont bien mis en évidence le fait que le « direct » à la sauce CNN avait en fait caché la vraie guerre et ses horreurs. La caméra n’instaure pas – et ne peut jamais instaurer – un vrai face à face avec la réalité; par la force des choses et de par sa nature même, elle « choisit », c’est-à-dire qu’elle montre une partie seulement du paysage, et l’isole, la coupant de son contexte. Puis vient le « montage », qui suggère et construit les séquences temporelles, les liens de causalité, les enjeux de la lutte et les équilibres. Tout cela, sans que soit jamais présents ni présentés, jamais identifiés, donc, ceux qui ont fait les choix et les analyses. De notre côté, nous « participons » au jeu télévisé et, coupant l’alimentation de notre Nintendo pour aller au lit, nous mettions provisoirement fin, soir après soir, à une guerre dont, deux ans plus tard, nous ne connaissons rien, ou guère, des antécédents, des tenants et aboutissants, des enjeux, des répercussions et des solutions possibles.

Le « direct » dont il est ici question est illusoire. Nous n’entrons en contact, par le pseudo-direct, qu’avec une réelle mise en scène (10). Sans que soit donné, pour éviter que le charme soit rompu, le nom du metteur en scène. On passe alors en douce de l’illusion à la fumisterie et à la manipulation.

(b) Faire vivre et faire ressentir – Car l’important ne semble plus être d’informer et d’aider à analyser, à comprendre, en vue éventuellement d’agir, mais plutôt de faire vivre ou du moins vibrer, ressentir. Et c’est alors la force de l’émotion ressentie qui témoigne de la qualité de l’action médiatique, c’est-à-dire de son efficacité à « produire » l’émotion. Il pourra d’ailleurs arriver que l’émotion ressentie entraîne l’action : une pétition, un don généreux. On a pu émouvoir ainsi, au service des téléthons et des collectes de fonds, les voyeurs des victimes : celles des famines lointaines du Sahel, de l’Éthiopie, du Soudan, des guerres également lointaines de la Somalie ou de l’ex-Yougoslavie, des maladies plus proches de nous. Notons au passage que les enfants semblent ici plus « efficaces » : les images d’enfants affamés ou victimes de toutes sortes de violences sont exploitées, pour l’émotion et pour la cueillette de fonds.

Naissent alors et se multiplient – aux USA, c’est très net, mais la vague touche nos rivages depuis quelques temps – les « reality shows » qui conjuguent le culte du direct avec le souci de l’émotion forte. Or quand on fait ainsi du réel un spectacle, on le transforme et on le pervertit. On ne fait alors plus de l’information. Mais on crée l’illusion, et cela s’appelle, de nouveau, manipulation.

Parmi les dignes d’une confusion des genres qui va en s’accentuant, deux phénomènes feront ici l’objet d’une rapide mention seulement : la tendance croissante des médias, surtout électroniques, à inviter des vedettes du monde du spectacle pour leur faire commenter l’actualité, et l’utilisation de plus en plus fréquente, par les dirigeants politiques et les autres notables, des émissions de variété comme tribunes publiques – de préférence aux émissions d’information. Chacun a sans doute en mémoire maints exemples de ces deux phénomènes, ce qui nous dispense d’illustrer ce propos.

(c) Informer sans intermédiaires/sans journalistes – Dans une perspective de « communication directe » et lorsqu’on a le souci d’émouvoir, il apparaît non seulement possible, mais souhaitable, de faire de l’économie des journalistes. Ce qui n’est pas sans risque pour l’information.

Sans doute peut-on parfois reprocher à bon droit à des journalistes de faire écran entre l’événement ou le discours, d’une par, et le spectateur, l’auditeur ou le lecteur, d’autre part. En certains cas, pour se mettre en évidence eux-mêmes, semble-t-il, au détriment des acteurs de l’événement ou des analystes qu’ils interviewent. Peut-être même des journalistes font-ils preuve parfois, les uns envers les autres, de complaisance; cela agace lorsqu’ils s’invitent mutuellement pour commenter l’actualité. Soit. Il demeure que les journalistes exercent généralement leur métier avec un sens professionnel qui est fait de rigueur et de discrétion, et les travers observés ne sauraient légitimer qu’on les mette sans procès à l’écart.

Les médias québécois ont pris l’heureuse habitude il y a quelques années – encouragés en cela par le Conseil de presse – de distinguer clairement publicité, publi-reportage et information, l’information comprenant alors, outre le reportage, l’analyse, le commentaire, l’éditorial. Malgré les écarts que l’on peut encore observer en cette matière, il y a là un acquis important pour le respect du droit du public à une information libre et exacte. De façon semblable, il importe de faire entre ceux que l’on appelle parfois les « professionnels de la communication » de nettes distinctions. S’il appartient à certains d’agir comme agents de transmission d’une information officielle émanant de l’État et de ses services, de grandes entreprises, d’associations professionnelles ou de groupes de pression, on attend tout autre chose des journalistes.

– Les premiers – les agents de communication – sont au service du gouvernement, de l’entreprise ou de l’association en cause, d’où leur vient d’ailleurs leur rémunération; et ils n’ont pas à s’en cacher : ils exercent une profession légitime et honorable, balisée par ses propres règles, ce qui ne les dispense d’ailleurs pas de devoir agir selon leur conscience.

– Les seconds – les journalistes – doivent inscrire à une autre enseigne leur allégeance première et essentielle : à l’enseigne du public, de l’intérêt public, du droit du public à une information exacte, la plus complète possible, équilibrée. Il leur revient en conséquence non seulement de rapporter, s’ils sont d’intérêt public, les faits portés à leur attention et les discours, mais de chercher les éléments d’information qui ne sont pas d’emblée disponibles, de situer tous ces éléments dans leur contexte, de procéder à leur analyse, d’ouvrir au besoin de nouvelles pistes de réflexion pour aider à comprendre… C’est ainsi et ainsi seulement, qu’ils pourront informer sans manipuler.

Le Conseil de presse du Québec s’inscrit donc en faux contre toutes les tentatives visant à discréditer les journalistes et l’information. Il faut au contraire revaloriser le métier de journaliste. Cela revient sans doute d’abord aux journalistes, qui le feront surtout et pour l’essentiel en étant plus exigeants envers eux-mêmes. Mais cela ne regarde pas qu’eux. Parce que la qualité de l’information dans notre société est en cause. Il y a là un enjeu éthique et politique de première importance et qui, transcendant les frontières professionnelles, intéresse tous les citoyens – tous ceux et toutes celles que l’on regroupe sous l’appellation « le public ».

En donnant dans la confusion des genres et en faisant de l’information un spectacle, on sert un public en l’amusant, mais on fait fi du public et de l’intérêt public.

En guise de conclusion

En proposant des réflexions de ses membres sur l’état et les besoins de l’information au Québec, le Conseil de presse n’entendait pas décrire de façon exhaustive le monde de l’information au Québec. Il a simplement tenté, en rappelant quelques faits saillants de la dernière année, d’attirer l’attention des principaux acteurs de l’information – dirigeants des médias, journalistes, public – sur certaines tendances actuelles, mettant en lumière quelques-uns des risques pour l’information qui s’y peuvent rattacher, et sur certains grands enjeux.

Les pratiques des journalistes et des médias québécois sont toutefois plus saines que ce que peuvent donner à entrevoir quelques-unes des tendances notées. Le Conseil de presse du Québec estime que la qualité de la vie démocratique chez nous dépend pour une large part de la qualité de l’information. Il reconnaît le souci de qualité qui anime au Québec les pratiques d’information. Il estime que la démocratie sera mieux servie par un plus grand souci et un plus grand respect des exigences de l’éthique de l’information que par les illusoires face à face qui rendraient inutile la médiation des journalistes ou par tout autre artifice qui prétendrait, par exemple, recréer la réalité au moyen d’une astucieuse mise en scène. Selon le Conseil, enfin, les tentatives de dépréciation des médias et des journalistes discréditent l’information elle-même, ultimement, et constituent par là une menace pour la démocratie.

(1) La restructuration des médias et son impact sur les régions et sur l’information régionale (débat public tenu à l’occasion de l’assemblée annuelle publique de 1992) Annexe I.

(2) Le Conseil de presse du Québec a pris position à diverses reprises sur des cas d’injonction et plus généralement sur le recours abusif à l’injonction pour empêcher la diffusion d’informations d’intérêt public : 93-01-26 : Communiqué – L’hebdo Voir : Le Conseil de presse inquiet de la montée des recours à l’infonction. 92-10-02 : Communiqué – Affaire Wilhelmy : L’intervention du Conseil de presse contre l’interdiction de publier.

(3) Prise de position du Conseil de presse du Québec : 92-06-22 : Communiqué – Le Sénat canadien, la liberté de presse et la qualité de l’information – Le dangereux précédent de l’affaire « L’honneur et le mépris ».

(4) La prise de position du Conseil de presse du Québec dans l’affaire Wilhelmy a été portée à l’attention du public et de la cour. Voir le communiqué de 1993-09-17 – Le Conseil de presse du Québec réagit à l’affaire Wilhelmy.

(5) La presse de plus en plus surveillée (rencontre-débat tenue à l’occasion de la journée internationale de la liberté de presse) Annexe II.

(6) L’ouvrage publié en 1992 par Lina Trudel : La Population face aux médias (Montréal, VLB – ICÉA) a reçu bon et large accueil.

(7) 1993-06-17 : Avis du Conseil de presse du Québec sur l’acceptation de voyages gratuits ou d’autres services semblables par des médias ou par des journalistes.

(8) Dominique Wolton, L’éloge du grand public. Paris, Flammarion, 1990.

(9) Voir les décisions 91-10-27 et 92-10-49 (Communiqué du 93-08-13 : Ne mentionner l’origine ethnique que lorsqu’il y a rapport entre l’incident mentionné et l’origine (Conseil de presse du Québec).

(10) Cette problématique fera l’objet du débat prévu dans le cadre de l’Assemblée générale publique du Conseil de presse du Québec, le 4 novembre 1993.