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France : Lancement officiel de l’Observatoire de la Déontologie de l’information

À l’occasion des 6e Assises internationales du journalisme, tenues cette année encore à Poitiers, une coalition d’acteurs issus du milieu du journalisme a procédé au lancement de l’Observatoire de la Déontologie du journalisme (ODI).

Fruit d’une initiative, lancée en juin 2011, par l’Association de Préfiguration d’un Conseil de Presse en France (APCP), l’Observatoire, qui sera basé à Paris, entend « contribuer, par ses réflexions, ses travaux et la communication de ceux-ci, à la prise de conscience de l’importance de la déontologie dans la collecte, la mise en forme et la diffusion de l’information au public. »

Large mandat, donc, qui profitera certainement des ressources très diversifiées qui y contribueront et du réseau qu’il entend mettre en place. En effet, pas moins de vingt membres fondateurs ont concouru à la mise sur pied de cet organe de veille déontologique, parmi lesquels on retrouve des associations professionnelles, des organisations de la société civile de même que des spécialistes (notamment : médiateurs, universitaires, retraités).

Prenant acte du fait qu’aucune des principales recommandations liées à la déontologie journalistique, formulées au terme des États généraux de la presse écrite de 2008, n’avait encore vu le jour, l’APCP a décidé de prendre le proverbial taureau par les cornes, et rassemblé les principaux acteurs du milieu journalistique français pour mettre sur pied cet espace de réflexion. Rappelant la fameuse citation de Sénèque voulant qu’il ne soit pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va, Yves Agnès, président de l’APCP et ancien rédacteur en chef du Monde, estime que cet outil, qui ne se substituera d’aucune façon à la création d’un conseil de presse, permettra plutôt de juger des vents défavorables qui soufflent sur la profession et l’empêche actuellement d’aller à bon port : celui d’une presse de qualité.

Objectifs

Leur objectif, pour l’an 1? Dresser un portrait de la situation déontologique des médias en France ¾ identifier les problèmes les plus fréquents, dégager des tendances lourdes et des solutions porteuses d’avenir ¾ et ainsi pouvoir mesurer le chemin qui reste à parcourir. Ces travaux initiaux s’orienteront autour de six axes principaux et seront menés par autant de groupes de travail : 1) exactitude et véracité, 2) conflits d’intérêts individuels et collectifs, 3) justice et faits divers, 4) sources journalistiques (accès, protection et relations), 5) conditions de production de l’information et 6) initiatives favorisant les bonnes pratiques.

À terme, l’ODI cherchera à produire, note Yves Agnès, à un rythme de trois ou quatre par année, des réflexions sur certains de ces grands enjeux, mais espère également organiser des débats publics, sous forme de conférences ou de colloques, afin de rejoindre la société civile, qu’Agnès juge désabusée face à la profession.

Le début d’une nouvelle ère?

Dans une France dont le milieu journalistique est constamment divisé, sinon déchiré, sur les problèmes qu’il doit affronter, comme partout ailleurs au demeurant, la naissance d’une initiative aussi rassembleuse que l’ODI était presque inespérée. « C’est une profession complètement désorganisée, qui n’a qu’un seul truc de fédérateur : la loi de 1935, qui a créé le statut de journaliste professionnel. Et une convention collective nationale. Et une commission de la carte. Voilà : ça s’est fait en 1935, 1936, 1937. Depuis, rien. Il n’y a pas de code de déontologie commun à la profession, pas d’instance de déontologie, pas de règles écrites, pas de formation obligatoire – il n’y a rien. Alors donc c’est une profession très divisée, très individualiste, et ça, c’est assez particulier à la France. »

Est-ce qu’on doit voir dans cet accomplissement le signe d’un temps nouveau? Impossible de le savoir pour l’instant. Chose certaine, Agnès ne baisse pas les bras, et maintenant que l’ODI est lancé, et que ses fonctions y seront limitées malgré qu’il en ait été l’un des architectes, il entend bien se consacrer à son dada : la création d’un conseil de presse français. « Je voudrais remettre le pied sur l’accélérateur, moi… »

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Commentaire (1)

  1. Il y a une méthode très simple pour savoir si un journaliste pratique l’autocensure
    http://mediateur.blog.lemonde.fr/2012/07/09/pourquoi-faire-passer-les-perplexes-pour-des-conspirationnistes/

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