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Regards critiques sur la couverture du suicide de Robin Williams

Crédit photo : Loren Javier cc

Crédit photo : Loren Javier cc

Dès l’annonce du décès de l’acteur américain Robin Williams, le 11 août, les médias ont été appelés à la vigilance dans leur couverture de ce qui avait les allures d’un suicide. Trois jours plus tard, les articles analysant le travail de certains médias et les risques de contagion que cela implique sont nombreux.

Lundi soir, l’Institut Poynter reconnaissait d’entrée de jeu la pertinence de traiter du suicide. L’article rappelait cependant les principales recommandations de l’American Association of Suicidology. On y notait que la principale erreur des médias est de chercher une cause unique à un suicide. On soulignait également que la divulgation de détails, comme la méthode utilisée, peut amener certaines personnes à passer à l’acte.

Dans un article publié dans le quotidien britannique The Guardian, une représentante de Mind, un organisme en santé mentale, se disait déçue des références explicites au moyen choisi par l’acteur pour mettre fin à ses jours. Elle rapporte que l’organisme a rappelé à deux reprises aux salles de rédaction de faire attention à leur couverture.

De son côté, Press Gazette rapportait les mêmes critiques et les mêmes craintes par rapport à un éventuel effet de contagion. Cependant, la directrice des communications de Samaritans, un organisme en prévention du suicide, faisait valoir que la couverture du suicide avait évolué au cours des dernières années. « C’est pourquoi nous sommes surpris de voir qu’il a eu beaucoup d’articles détaillant inutilement la façon dont est mort Robin Williams », a-t-elleajouté. 

Ces détails ont notamment été rendus publics lors de la conférence de presse du shérif de Marin County diffusée en direct par certaines chaînes de télévision, dont CNN et CBC. Dans un article publié sur le site d’ICI Radio-Canada, on rapporte l’analyse d’Al Tompkins de l’Institut Poynter. Il fait valoir que si « le bureau du coroner a l’obligation de rapporter ce qu’il sait […] les journalistes n’ont pas l’obligation de rabâcher l’information en donnant tous les détails. » L’article présente également la Une du Daily News de New York corrigée par un citoyen qui la jugeait « honteuse ». 

Le 14 août, La Presse a publié la lettre d’une lectrice dont la fille s’est suicidée. Elle se dit « sidérée et indignée » de constater que les médias ont fait état des détails « scabreux » entourant le décès de Robin Williams. Elle estime que les médias n’ont pas retenu les leçons du suicide du journaliste Gaétan Girouard.

Le site iMedia Ethics répertorie de son côté un florilège des excès de langage d’animateurs et de commentateurs.

Guides de bonnes pratiques

Plusieurs organismes ont émis des recommandations ou des guides de bonnes pratiques concernant la couverture médiatique des suicides. En voici quelques-uns :

Association canadienne de prévention du suicide

Forum du journalisme canadien sur la violence et le traumatisme (En-Tête : reportage et santé mentale)

American Association of Suicidology

Samaritans (Royaume-Uni)

 

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Commentaire (1)

  1. ment propul De la responsabilité sociale des médias | Marie-Ève Martel

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