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Avis

Avis du Conseil de presse du Québec concernant la saisie, par la sûreté du Québec, du matériel et de la pellicule d’une équipe de reportage de l’émission « L’Objectif » de Radio-Québec

Le Conseil de presse dénonce la saisie de film et de matériel cinématographique effectuée le mercredi 21 janvier 1981 par un détachement de la sûreté du Québec de la Tuque, alors qu’une équipe de l’émission « L’objectif » de Radio-Québec préparait un reportage sur le conflit de travail qui oppose des bûcherons à la Compagnie internationale de papier (CIP).

Le 23 janvier 1981 – Le Conseil de presse du Québec, réuni en assemblée générale spéciale à Montréal le jeudi 22 janvier, a dénoncé vivement la saisie de film et de matériel cinématographique effectuée mercredi soir par un détachement de la sûreté du Québec de la Tuque alors qu’une équipe de l’émission « L’objectif » de Radio-Québec était à préparer un reportage sur le conflit de travail qui oppose des bûcherons à la Compagnie internationale de papier (CIP).

Le Conseil est d’avis que de telles pratiques sont contraires à l’exercice d’une véritable liberté de l’information et empêchent la presse de s’acquitter de sa responsabilité d’informateur public. Ces pratiques, selon le Conseil, ont inévitablement comme conséquence de priver la presse de ses sources d’information qui, rendues méfiantes vis-à-vis elle, s’abstiendront de lui communiquer des renseignements auxquels le public a droit et qu’il a intérêt à connaître. Elles peuvent même inciter les professionnels de l’information à s’interdire de rendre compte de renseignements d’intérêt public qui pourraient servi à incriminer les personnes qui font l’événement.

Le Conseil de presse du Québec considère que les saisies, ainsi effectuées par les forces policières, même conformément aux dispositions de la loi, constituent un obstacle au libre accès tant du public à l’information que de la presse aux sources de cette information. Il estime aussi que, si l’intérêt public oblige la société à se pourvoir de moyens propres à assurer la protection du public, il lui impose également le devoir de tenir compte des exigences du droit tout aussi essentiel de la population d’être informée adéquatement des questions d’intérêt public.

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Source : Jean Baillargeon, secrétaire général du Conseil de presse du Québec.