Observations du Conseil de presse du Québec présentées au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes dans le cadre de l’audience publique sur l’étude des demandes 2004-0279-3, 2004-0302-2, 2004-0280-1, 2003-1818-0

Introduction

  1. Les demandes présentées par Astral Média Radio inc. (Astral), 591991 B.C. Ltd. (filiale de Corus Entertaintment inc.) (Corus) ainsi que Diffusion Métromédia CMR inc. (Métromédia) qui doivent être étudiées par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) soulèvent l’inquiétude du Conseil de presse du Québec. Les transactions et les modifications projetées pourraient transformer significativement le portrait de la radiodiffusion québécois et avoir un impact important sur la diversité des sources de nouvelles ainsi que sur l’avenir de la radio d’information.

  2. Dans le présent document, le Conseil de presse tentera de cerner les différents enjeux soulevés par un potentiel accueil de ces demandes et émettra les recommandations qui, selon lui, sont les plus favorables à l’intérêt public.

Conseil de presse du Québec

  1. Le Conseil de presse est un organisme à but non lucratif qui a été créé en 1973 à l’initiative conjointe des entreprises de presse et des journalistes pour qu’il veille sur la qualité et la liberté des médias québécois. Cela fait maintenant 30 ans qu’il joue le rôle de « tribunal d’honneur » des médias d’information au Québec.
  2. Son mandat est de protéger et de renforcer le droit du public à une information complète, exacte et de qualité, que ce soit dans la presse écrite, à la radio, à la télévision ou sur Internet. Même s’il ne possède aucun pouvoir judiciaire, réglementaire ou coercitif, la rigueur de ses interventions ainsi que la confiance et l’appui que lui manifestent les médias et le public lui confèrent une autorité morale réelle.
  3. Le conseil d’administration est constitué de 22 membres dont sept sont délégués par les administrateurs de journaux et d’entreprises de radio et de télévision, sept autres choisis parmi les journalistes membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et huit autres membres représentent le public. Son financement est apporté par les organismes ou entreprises membres.

Demandes étudiées

  1. Astral et Corus demandent au CRTC d’autoriser la vente de certaines de leurs entreprises radiophoniques du Québec. Au terme de cette transaction, qui s’effectue dans le cadre d’un échange d’actifs, Astral se porterait acquérante de plusieurs stations de radio FM de Corus, soit CFVM-FM (Amqui), CJDM-FM (Drummondville), CJOI-FM (Rimouski), CIKI-FM (Rimouski) et CFZZ-FM (Saint-Jean-Iberville, Saint-Jean-sur-Richelieu).
  2. En échange, Corus obtiendrait les six stations de radio AM du réseau Radiomédia soit, CKAC (Montréal), CHRC (Québec), CJRC (Gatineau), CKRS (Saguenay), CHLN (Trois-Rivières), CHLT (Sherbrooke) ainsi que la station AM de langue anglaise CKTS (Sherbrooke) et CFOM-FM à Québec.
  3. Les dernières années ont été mouvementées dans le domaine du transfert de propriété de stations de radio au Québec et la transaction qui est présentement étudiée doit être située dans son contexte.
  4. En 1995, Télémédia Communications inc. et Radiomutuel inc., dans une période économique difficile pour la radio AM, ont décidé de mettre en commun certaines de leurs radios et n’ont conservé dans chaque région du Québec qu’une seule station AM. Cela a entraîné la fermeture de six stations de radio AM, soit à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Chicoutimi et Gatineau. Suite à cette fusion, le réseau AM Radiomédia a été créé à partir des deux stations dont les entreprises étaient copropriétaires, soit CKAC à Montréal et CHRC à Québec, afin d’offrir un service d’information à l’échelle de la province.
  5. En 2000, Astral s’est porté acquéreur des entreprises de radiodiffusion de Radiomutuel et en 2001, la même entreprise a acquis certains actifs de radiodiffusion de Télémédia au Québec, dont plusieurs stations sur bande FM en plus de CHLN-AM (Trois-Rivières), CHLT-AM (Sherbrooke), CKAC-AM (Montréal), CHRC-AM (Québec) et le réseau radiophonique de langue française Radiomédia. Bien que cette transaction ait reçu l’aval du CRTC, sous réserve de l’obligation de revendre la station CFOM-FM de Québec, le Commissaire de la concurrence s’est opposé à la transaction qui aurait eu pour effet d’empêcher ou de diminuer la concurrence dans la vente de temps publicitaire à la radio de langue française dans plusieurs marchés.
  6. Pour répondre aux préoccupations du Commissaire de la concurrence, Astral a convenu de vendre le réseau Radiomédia. Ainsi, une première transaction a été conclue avec le Groupe TVA inc. et Radio Nord Communications pour la vente de ces stations. Cependant, le CRTC a refusé de donner son aval à la transaction en raison de préoccupations liées à la trop grande concentration de la propriété et à la propriété croisée des médias. Une seconde transaction a failli se concrétiser entre Astral et le Groupe Morin, mais ce dernier a retiré son offre avant qu’elle ne soit examinée par le CRTC.
  7. Enfin, une nouvelle transaction est intervenue entre Astral et Corus et c’est cette transaction qui doit présentement être étudiée. Si la demande est approuvée, Astral entend affilier les différentes stations de radio qu’elle acquiert à ses réseaux radiophoniques existants soit Boom FM (nostalgie), Énergie (grands succès contemporains) et Rock Détente (adulte contemporain).

Situation de la radio AM au Québec

  1. Même si entre 1998 et 2002 le nombre de stations de radio commerciales AM et FM reste stable dans l’ensemble du Canada, celui de la radio AM a diminué graduellement au profit de la bande FM. Selon le Rapport de surveillance de la politique sur la radiodiffusion 2003 produit par le CRTC, ce sont 61 stations de radio AM qui ont été converties à la bande FM entre 1998 et 2002. En 2002, au Québec, on comptait 20 postes de radio commerciale sur la bande AM comparativement à 64 sur la bande FM. Les heures d’écoute de la radio AM ont aussi diminué de façon significative entre les mêmes années et celles consacrées à l’écoute de la radio FM ont augmenté. De plus, « [l]a proportion d’écoute de la bande AM au Québec est désormais deux fois moins élevée qu’ailleurs au Canada […] »[1]. Les Canadiens passent 30 % de leurs temps d’écoute au AM tandis que la proportion est de 15 % pour les Québécois[2].
  2. Ces changements dans le portrait radiophonique se font aussi sentir notamment au niveau du rendement financier, les revenus pour les radios francophones AM étant en baisse depuis 1998, sauf en 2002 où elles ont enregistré un léger gain. Par ailleurs, en 2003, « l’essentiel des revenus publicitaires est allé aux stations FM. Leurs ventes de publicité locale ont augmenté de 4,5 % pour grimper à 119 millions [de dollars], tandis que leur ventes de publicité nationale sont demeurées à 47 millions [de dollars]. Quant aux stations AM, si leurs ventes de publicité locale ont augmenté de 1,8 %, pour atteindre 29 millions [de dollars], leurs ventes nationales ont diminué de 1,4 %, se situant à 6 millions [de dollars] »[3].
  3. Une restructuration des entreprises de radio AM au Québec a donné lieu à la fermeture de six stations de radio AM au Québec en 1995 et à la création du réseau Radiomédia, lequel est l’objet de la transaction présentement à l’étude.

Enjeux soulevés par la transaction

  1. Nous le répétons. La direction du Conseil de presse est particulièrement inquiète des conséquences que pourraient avoir les modifications proposées par Corus sur la pluralité et la qualité de l’information radiophonique au Québec.

CKAC

  1. La modification de programmation que Corus propose pour la station CKAC à Montréal aurait pour effet de transformer le paysage de la radio d’information au Québec et de l’amputer d’une source indépendante de nouvelles dont la réputation n’est plus à établir.
  2. En effet, dans les documents qu’il a présentés au CRTC, Corus soutient qu’il entend faire de CKAC une station spécialisée en information sportive et en santé, selon une transformation qui s’échelonnerait sur trois ans et où le nombre d’heures consacrées au sport passerait progressivement de 7 heures par jour à 9 heures la troisième année.
  3. La salle de nouvelles actuelle de CKAC, consacrée à l’information générale et aux affaires publiques, serait remplacée par une salle de nouvelles des sports indépendante qui offrirait ce service à toutes les stations du réseau qu’elle propose de créer avec ses stations AM. Corus n’entend conserver que trois journalistes qui seront, selon toute vraisemblance, affectés aux sports et aux nouvelles locales.
  4. Alors que la licence actuelle de CKAC l’oblige à diffuser un minimum de 16 heures 36 minutes de nouvelles par semaine, Corus propose de limiter sa diffusion de nouvelles à environ 6 heures et 18 minutes par semaine dont 60 % serait d’intérêt local.
  5. À toutes fins utiles, la transaction projetée annonce l’abolition d’une source d’information indépendante radiophonique au Québec. La station montréalaise CKAC est une station d’information généraliste qui jouit, au Québec, d’une réputation et d’une crédibilité enviable depuis plus de 80 ans. Elle est la première station de radio francophone en Amérique et son histoire témoigne d’une riche expertise dans le domaine de l’information et des affaires publiques. Force est de constater qu’elle offre à ses auditeurs une source d’information indépendante et bien implantée dans son milieu pour laquelle travaille une équipe de plus de vingt journalistes d’expérience. Elle est considérée par plusieurs comme étant l’un des joyaux de l’information au Québec et il est primordial que ces acquis continuent de profiter à l’ensemble de la population québécoise.

Le 98.5

  1. Les modifications que Corus propose pour l’ensemble des stations de radio AM qu’elle veut acquérir doivent cependant être examinées à la lumière des demandes de changement proposées relativement au format d’une autre de ses stations : CHMP-FM (Longueuil), soit le 98.5 FM. Cette station, dont la formule actuelle est musicale, pourrait dorénavant consacrer plus de 50 % de son contenu à la création orale selon « une programmation axée sur le contenu verbal comprenant des émissions d’information, d’affaires publiques, d’entrevues, d’opinion et [de] sport »[4]. La programmation proposée par Métromédia (la filiale de Corus qui détient les droits de la station 98.5 FM) est la suivante : les émissions du matin (6h à 9h30) et de l’après-midi (15h30 à 18h) seront ponctuées d’entrevues avec les acteurs de l’actualité, de commentaires politiques, économiques ou autres, de chroniques culturelles et sociales et seront animées par des personnes spécialisées en information et en affaires publiques. Une émission consacrée à l’actualité artistique et culturelle sera présentée entre 9h30 et 12h30 et de 12h30 à 15h, une tribune téléphonique thématique sur la sexologie, la psychologie et les rapports humains sera animée par une spécialiste. La période de 18h à 20h sera principalement consacrée à la radiodiffusion des matchs des Expos de Montréal. L’émission de nuit sera composée des moments les meilleurs de la programmation.
  2. Pendant les émissions du matin et de l’après-midi, des bulletins d’information générale seront présentés à l’heure (4 minutes) et à la demi heure (une minute); des bulletins de sport seront présentés à la quinzième minute de l’heure (3minutes) et à la quarante-cinquième (2 minutes). De 9h30 à 15h, des bulletins de nouvelles générales d’une minute seront présentés aux heures.
  3. Tous ces bulletins d’information seraient conçus à partir du matériel journalistique d’Info 690 et, lors de certaines émissions, des journalistes interagiraient avec les animateurs et verraient à y intégrer ces nouvelles. Cependant, la plupart des bulletins de nouvelles formels proviendraient directement d’Info 690 et seraient rediffusées sur les ondes de la station FM.
  4. Même si Métromédia précise que pendant les heures de grande écoute le 98.5 FM et CKAC auront un traitement différent des nouvelles, elle n’entend pas doter sa station 98.5 FM d’un service d’information indépendant. Ses nouvelles proviendront de la station Info 690 et toutes les ressources du 98.5 FM seront consacrées à son volet analyse et opinion. Le Conseil prend note que les émissions du matin (6h à 9h30) et de l’après-midi (15h30 à 18h) traiteront de questions d’actualité (entrevues, analyses, opinions, etc.). Toutefois, cette programmation ne compense en rien la perte d’une salle de nouvelles indépendante, telle qu’on la retrouve à CKAC.
  5. Les réserves que le Conseil de presse a émises au sujet des conséquences néfastes que pourrait avoir la fermeture de la salle de nouvelles de CKAC restent donc les mêmes.

CHRC

  1. Le plan d’affaires de Corus propose que la station CHRC à Québec devienne une station « à vocation d’information locale selon une formule « All-News » durant les grandes heures d’écoute ». De plus, CHRC « pourra jouer, à l’occasion, [le rôle de fournisseur principal d’émissions du réseau] lorsque les événements ou la présence d’une personnalité le justifieront »[5].
  2. Comme pour les autres stations du réseau qu’elle veut de mettre en place sur le AM (sauf pour CKAC), Corus propose de se soumettre à l’obligation de consacrer un minimum de 20 heures par semaine à la programmation locale et aux nouvelles. Cinq heures d’émissions d’information locales seraient alors réparties entre le matin, le midi et le soir. Le reste de la journée, la station aurait accès à la programmation des autres stations de Corus, dont Info 690, le 98.5 FM et CKAC. Par ailleurs, Corus n’entend pas créer d’émissions locales programmées à CHRC, mais une émission réseau pourrait provenir de cette station la fin de semaine.
  3. Les informations locales seraient assurées par une salle de nouvelles locale composée d’au minimum trois journalistes, la semaine. La station partagera sa salle de nouvelles avec la station CFOM-FM à Québec, dont Corus détiendrait aussi les droits. Corus entend aussi utiliser les services du correspondant de la Presse Canadienne à Québec.
  4. De la même façon que pour CKAC, ces modifications auraient pour effet d’amputer considérablement la salle de nouvelles actuelle de CHRC et de diminuer de façon draconienne la proportion d’émissions locales produites dans la région de Québec. À l’heure actuelle, la licence de radiodiffusion actuelle de CHRC l’oblige à diffuser un minimum de 51 heures de programmation locale et un minimum de 13 heures 2 minutes de nouvelles.
  5. Les changements proposés feraient en sorte que presque toute la programmation de la station serait assurée par le réseau, dont les têtes de diffusion seraient toutes à Montréal. Cinq heures par jour de nouvelles locales sous formule « All-News » ne constitue pas un moyen raisonnable de « permettre aux stations AM en cause dans cette transaction, de demeurer en opération et de continuer à offrir un service local pertinent, en lien avec les besoins régionaux réels […] »[6]. La programmation sera principalement sportive et montréalaise et trois journalistes auront à alimenter deux stations en nouvelles locales.

Stations AM en région

  1. Les autres stations AM de langue française qui font partie de la transaction se situent à Gatineau (CJRC), à Saguenay (CKRS), à Trois-Rivières (CHLN) et à Sherbrooke (CHLT). La programmation proposée pour ces stations a « pour trame de fond une certaine forme de spécialisation […] et une contribution réseau significative sur le modèle de ce qui existe déjà dans ces stations ».[7]
  2. Pour toutes les stations du réseau projeté, les informations locales seraient assurées par des salles de nouvelles locales composées d’au minimum trois journalistes par station, la semaine. Cinq heures d’émissions d’information locales seraient réparties entre le matin, le midi et le soir. Le reste de la journée, les stations auraient accès à la programmation des têtes de réseau, soit le 98.5 FM, Info 690 et CKAC, qui sont toutes trois à Montréal. À une exception près, aucune émission de création orale ne sera produite dans ces stations. Seule la station de Saguenay aurait une programmation de création orale permanente.
  3. Les conditions de licence actuelles exigent que CHLN diffuse un minimum de 36 heures 30 minutes de programmation locale et un minimum de 12 heures 34 minutes de nouvelles et que CHLT offre 35 heures de programmation locale et un minimum de 14 heures 12 minutes de nouvelles. De plus, selon des informations fournies au CRTC par Corus, CJRC diffuserait actuellement 41 heures 15 minutes de programmation locale et de nouvelles locales tandis que CKRS en diffuserait 48 heures 41 minutes.
  4. Dans cette perspective, les régions touchées par les changements proposés auraient une programmation principalement montréalaise axée sur le sport et la santé. Ainsi, ces stations ne rencontreraient plus les besoins des communautés concernées, autant en matière d’information qu’en contenu local.

Impacts sur la radio AM

  1. Même si une relance de la radio AM est possible et souhaitable, il n’en demeure pas moins que les propriétaires de ces stations doivent composer avec un rendement diminué dont la relance nécessite un investissement de sommes d’argent importantes.
  2. Le Conseil de presse constate qu’il y a une érosion de l’écoute et des bénéfices pour les stations de radio sur bande AM et s’interroge sur les causes véritables de ce déclin. Il apparaît, entre autres, que les auditeurs des stations de radio AM qui ont été converties sur la bande FM sont demeurés fidèles à leur station et ont transféré leurs heures d’écoute sur le FM. Cependant, il est intéressant de noter que cette baisse dans l’auditoire de la radio AM n’est pas d’aussi grande importance au Canada. Par ailleurs, dans plusieurs marchés du Québec, on retrouve des stations AM parmi les trois plus écoutées (Montréal francophone, Montréal anglophone, Ottawa-Hull francophone, Sherbrooke, Trois-Rivières, Chicoutimi)[8]. Le Conseil se questionne plus longuement sur l’avenir de la radio de façon générale. Les stations des deux bandes seront-elles bientôt confondues par la même technologie en se convertissant à la radio numérique?
  3. Quoi qu’il en soit, comme le Conseil de presse l’a déjà mentionné dans le mémoire qu’il a présenté devant le CRTC sur l’acquisition des mêmes stations de radio par le Groupe TVA/Radio-Nord, la recherche de la rentabilité, au strict plan commercial apparaît logique et légitime. Sauf que cette logique élémentaire d’affaires ne peut s’appliquer exclusivement ici; ces partenaires commerciaux n’interviennent pas dans un secteur ordinaire, mais bel et bien dans un domaine public, soit le champ de l’information à caractère journalistique. Les acquisitions et transferts de licences ne pourront se faire au détriment de l’intérêt supérieur qu’est le droit du public à une information plurielle et diversifiée.

Conclusion et recommandations

  1. La radio est un média dont l’importance demeure primordiale dans notre société. Ses limites techniques sont moins contraignantes que celles de la télévision et des quotidiens et elle est souvent la première en mesure de diffuser une nouvelle importante qui survient en cours de journée.
  2. Même si les stations AM que Corus projette d’acheter sont fragilisées autant par la baisse de leurs côtes d’écoute que par une diminution de leur rendement, ces acquisitions et transferts de licences, bien que commercialement légitimes, ne pourront se faire sans un engagement ferme à respecter l’intérêt du public à bénéficier de sources d’information variées et distinctes. Que ces stations se situent sur la bande AM ou sur la bande FM ne constitue pas un enjeu majeur dans la mesure où c’est l’ensemble du portrait radiophonique qui est affecté par les changements proposés.
  3. Que la façon de relancer les radios AM passe par une spécialisation de ces stations, soit. Elle ne doit cependant pas se faire au détriment des formules consacrées à l’information qui doivent rester importantes et diversifiées autant en radiophonie que dans les autres types de médias. Quelle que soit la transaction projetée, il ne faut jamais oublier l’importance de l’information et du contenu en radio.
  4. Le Conseil de presse s’élève donc contre la coupe dans les effectifs des salles de rédaction qui pourrait résulter de la transaction et s’inquiète du fait que plusieurs régions verront leur accès à de la programmation locale d’information diminuer de façon importante.
  5. Si le CRTC donne le feu vert à cette transaction, il est indispensable qu’il s’assure, dans les conditions de licence qu’il imposera, que les salles de rédaction soient maintenues dans leurs effectifs et que les minimums actuels de programmation locale et d’information soient maintenus.
  6. Sans ces conditions, le CRTC donnerait son aval au démantèlement de plusieurs sources indépendantes de nouvelles au Québec, en région comme dans les grands centres de Québec et Montréal, ce qui constituerait une perte véritable pour toute la population québécoise.

Conseil de presse du Québec

Monsieur Robert Maltais

Secrétaire général

1000, rue Fullum, bureau c.208

Montréal (Québec)  H2K 3L7

(514) 529-2818

direction@conseildepresse.qc.ca

 

 


[1] Infopresse, Guide annuel des médias 2004, p. 61.

[2] Ibid. p. 61.

[3] Ibid. p. 60.

[4] Avis d’audience publique de radiodiffusion CRTC 2004-5.

[5] Réponse de Corus aux questions soulevées par le CRTC dans la lettre du 16 avril 2004.

[6] Mémoire supplémentaire, demande d’acquisition des stations AM d’Astral Radio inc. et de CFOM-FM (demande 2004-0280-1 présentée par Corus), p.1.

[7] Ibid. p.2.

[8] Infopresse, Guide annuel des médias 2004, aux pages 63 et 64.