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Journalisme factuel ou journalisme d’opinion? Le public doit pouvoir faire la différence

Le Conseil de presse du Québec a publié huit nouvelles décisions relativement à des plaintes qu’on lui avait soumises. Il en a rejeté quatre, en a retenu trois et a jugé une plainte irrecevable.

D2017-12-156 : Un article factuel doit s’en tenir aux faits

Dans cette décision, le Conseil de presse rappelle aux médias l’importance d’identifier la nature des textes qu’ils publient en indiquant clairement au public s’il s’agit de journalisme factuel ou de journalisme d’opinion. Le quotidien Le Soleil a présenté le texte du journaliste Jean-François Cliche « Fracturation : de quel côté penche la science » comme un article factuel. L’article se trouvait dans la section « Actualités », dans une rubrique intitulée « Vérification faite ». Puisque l’article était présenté comme de l’information et non de l’opinion, le journaliste aurait dû s’abstenir de porter un jugement de valeur dans sa conclusion, en qualifiant une lettre d’opinion de « franchement pas très honnête ». Le Conseil a donc retenu le grief de partialité, mais a cependant rejeté les griefs de manque d’équilibre et de manque d’équité. Le public doit pouvoir clairement identifier un texte d’opinion afin d’en faire sa propre évaluation, a rappelé le Conseil. Si le texte se veut factuel, il doit se limiter aux faits.

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D2017-11-138 : Pas d’atteinte à la vie privée des copropriétaires d’un immeuble à condos

Le Conseil a rejeté le grief d’atteinte à la vie privée formulé par le syndicat des copropriétaires d’un condominium où réside l’épouse de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt. La journaliste de TVA Marie-Pier Cloutier s’était rendue à cet endroit pour  recueillir les réactions des résidents concernant la sortie de prison récente de M. Vaillancourt. Le plaignant déplore que la journaliste ait tourné des images dans une propriété privée sans le consentement des copropriétaires et après s’en être vue interdire l’accès par le directeur du syndicat de copropriété. Il estime qu’il s’agissait d’une « violation de domicile ». Selon le Conseil, même si les corridors d’une copropriété relèvent de la sphère privée, le condominium en question n’est ni identifié ni identifiable : la journaliste ne donne pas le nom de la copropriété et elle n’indique pas, précisément, où elle est située. Elle a, par ailleurs, préservé l’anonymat des personnes qu’elle a interrogées. Le Conseil n’y a donc pas constaté d’atteinte à la vie privée. Il a également rejeté un grief de manque d’équité.

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Lors de cette réunion, le Conseil a également rendu six autres décisions disponibles en cliquant sur les liens ci-dessous.

D2017-12-147 : Sylvain Chamberland, vice-président exécutif et chef des opérations, Attraction Média c. François Robert et ici.radio-canada.ca

Le Conseil a retenu un grief d’information inexacte, mais a absous le média en raison de sa promptitude à corriger son erreur. Les griefs de partialité, de manque de vérification des informations transmises par les sources et d’information incomplète ont par ailleurs été rejetés. L’article visé par la plainte traitait de questions éthiques liées à la candidature d’une directrice de deux stations de radio au poste de conseillère municipale.

D2018-04-041 : Benoit Tellier c. Lise Ravary et Le Journal de Montréal

Le Conseil a déterminé à la majorité (6/7) que, dans la chronique « Croire un tueur », la journaliste avait présenté de l’information inexacte et fait preuve d’un manque de rigueur de raisonnement. Cependant, cela ne nuisait pas à la compréhension du point de vue que la chroniqueuse voulait faire valoir. Le Conseil a donc considéré que le manquement était mineur et ne méritait aucun blâme.

D2017-12-146 : Michel Dufour c. Taïeb Moalla et Le Journal de Québec

Le Conseil a rejeté les griefs d’informations inexactes et de manque de vérification des informations transmises par une source concernant l’article « Sans un meilleur contrôle des armes à feu, le risque d’un drame existe toujours, dit le CCIQ ».

D2017-11-139 : Leititia Wu c. Michel Hébert et Le Journal de Québec

Le Conseil a rejeté les griefs d’informations inexactes et de propos insultants visant la chronique « Les cons, c’est par là, à gauche! » qui commente deux manifestations tenues simultanément en novembre 2017.

D2017-11-129 : Bernard Desgagné c. ici.radio-canada.ca

La plainte soulevant une inexactitude dans l’article « Damas responsable de l’attaque chimique en avril, selon l’ONU » a été rejetée à la majorité (4/7).

D2018-01-005 : Russel Tremblay c. Alexandre Cantin et CFER-TVA

En raison du dépassement du délai de prescription, le Conseil n’a pu traiter la plainte celle-ci étant irrecevable.

À propos

Le Conseil de presse du Québec est un organisme privé, à but non lucratif, qui œuvre depuis plus de quarante ans à la protection de la liberté de la presse et à la défense du droit du public à une information de qualité. Son action s’étend à tous les médias d’information distribués ou diffusés au Québec, qu’ils soient membres ou non du Conseil, qu’ils appartiennent à la presse écrite ou électronique. Le Conseil reçoit les plaintes du public et rend des décisions relativement à la déontologie journalistique. Mécanisme d’autorégulation de la presse, le Conseil ne peut être assimilé à un tribunal civil, il ne possède aucun pouvoir judiciaire, réglementaire, législatif ou coercitif; il n’impose aucune autre sanction que morale.

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